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Pourquoi les agents de la RATP font grève vendredi

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RATP - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les syndicats de la RATP qui appellent à la grève ce vendredi protestent contre la réforme des retraites. Le projet prévoit la suppression des régimes spéciaux, dont celui des agents de la RATP.

Une journée noire s'annonce vendredi sur le réseau RATP. A l'appel de l'Unsa, la CGT et Sud, un appel à la grève qui s'annonce très suivi a été lancé contre la réforme des retraites. Les syndicats dénoncent les conséquences de la réforme qui prévoit de créer un système universel censé remplacer les 42 régimes existants et refondre notamment le régime spécial des agents de la RATP. 

"Nous avons tout à perdre", souligne dans un tract la CGT-RATP mettant en cause une réforme "qui va impacter non seulement les salariés d'aujourd'hui, les retraités de demain mais aussi les retraités d'aujourd'hui". 

Critique du régime par points

Le projet de réforme prévoit d'uniformiser les différents régimes de retraite et de passer à un régime par points. Les syndicats critiquent en premier lieu le principe même du système par points.

"Dans un système en points, le travailleur acquiert chaque année des points qui vont se cumuler tout au long de sa carrière. Les cotisations versées sont converties en points, selon une "valeur d'achat" (...). Les valeurs des points varient chaque année (...). Il n'est donc pas possible de connaître le montant de sa pension à l'avance et le gouvernement pourra le baisser à son bon vouloir", insiste Sud RATP

L'âge de la retraite repoussé

Les agents de la RATP verraient également plusieurs de leurs avantages liés à leur régime spécial remis en cause, à commencer par l'âge du départ à la retraite. Actuellement, l'âge de départ moyen à la RATP est de 55,7 ans avec une ouverture des droits à la retraite à partir de 50 ans et 8 mois pour certains agents (machinistes, agents d'exploitation du réseau ferré etc.). 

Mais pour le rapport Delevoye présenté cet été sur la réforme des retraites, "le maintien de ces départs précoces ne se justifie pas par des écarts significatifs d'espérance de vie à 60 ans". Les syndicats justifient eux ces départs anticipés par la pénibilité du travail de certains agents (horaires de nuit, le week-end, travail en souterrain etc.). Les salariés seraient amenés à partir à 62 voire 64 ans à la retraite. 

Une perte "de plusieurs centaines d'euros"

Les syndicats s'inquiètent aussi du calcul du montant des pensions de retraite. Actuellement à la RATP, il est basé sur les six derniers mois d'activité, certaines primes sont aussi incluses. "Le montant de la pension ne serait plus calculé sur les six derniers mois de salaire ni même sur les 25 meilleures années, soit une perte de plusieurs centaines d'euros sur les pensionnés RATP", explique Sud-RATP. 

Les syndicats ont appelé à une "grève massive" ce vendredi. L'ampleur de la mobilisation sera connue ce mercredi soir. 

Carole Blanchard