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Violences dans les manifestations: Dupond-Moretti annonce un texte contre les casseurs

Eric Dupond-Moretti le 24 septembre 2020

Eric Dupond-Moretti le 24 septembre 2020 - Alain JOCARD © 2019 AFP

Afin de lutter contre les casseurs dans les manifestations, le ministre de la Justice dit "travailler" sur un nouveau texte pour mieux lutter contre les casseurs.

Les images des violences de samedi en marge de la manifestation contre la loi "Sécurité globale" sont encore dans toutes les têtes. Interrogé ce mercredi matin sur France Inter, Éric Dupond-Moretti a annoncé qu'il "travaille" sur un texte "avec méthode et précision" pour mieux lutter et sanctionner les casseurs. Il ne devrait pas s'agir d'une nouvelle loi, précise à BFMTV.com son entourage.

Des centaines de casseurs, infiltrés dans le cortège, s'en sont pris samedi dernier aux vitrines de commerces, au mobilier urbain, aux voitures présentes sur le parcours, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre.

"Je comprends votre colère, je le suis également", a répondu Éric Dupond-Moretti à une question d'une auditrice sur le sujet. Le ministre de la Justice a alors évoqué "les difficultés qui existent" pour lutter contre le phénomène des black blocs.

Une réunion prévue prochainement

Le garde des Sceaux affirme que les autorités font face à un changement du mode opératoire de ces individus venus pour commettre des violences lors des rassemblements. "Autrefois, il y avait un intervention préventive sur autorisation du procureur de la République", indique Éric Dupond-Moretti, qui estime que cette méthode a "porté ses fruits". "On ouvrait les sacs et on y découvrait masques, armes, marteaux, des vêtements noirs, des cagoules..."

Aujourd'hui, ces individus "organisés" viennent "clairsemer leurs outils" la veille ou l'avant-veille sur le parcours de la manifestation, affirme le ministre. Puis revêtent leur tenue une fois dans le cortège officiel.

"Vous avez des gens qui viennent s'infiltrer dans les manifestations, et le droit de manifester est un droit essentiel dans notre belle et grande démocratie", a détaillé le garde des Sceaux.

Ce mode opératoire crée une autre difficulté, selon le ministre de la Justice, cette fois-ci pour les policiers qui, s'ils interviennent dans les cortèges pour interpeller ces individus, risquent de provoquer "des dommages collatéraux, et la police y est attentive". Éric Dupond-Moretti soulève également le "problème de la preuve" pour faire condamner les individus qui seraient arrêtés. "Il faut renforcer notre dispositif", prévient-il.

"Nous allons réunir les procureurs, les policiers, les préfets pour que l'on puisse mieux travailler ensemble", a indiqué le garde des Sceaux, qui donnera des précisions sur ce nouveau texte prochainement.

En avril 2019, le Conseil constitutionnel avait retoqué plusieurs articles, dont celui sur l'interdiction administrative de manifester, de la loi "anti-casseurs". La loi avait été promulguée sans son article-phare.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV