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"Tony Meilhon ne présente pas de pathologie réputée dangereuse"

Le tribunal de grande instance de Nantes, vendredi, au troisième jour du procès de Tony Meilhon.

Le tribunal de grande instance de Nantes, vendredi, au troisième jour du procès de Tony Meilhon. - -

Au troisième jour du procès du meurtrier présumé de Laetitia Perrais, la parole était aux experts. Tous se sont accordés sur l'absence de pathologie psychiatrique de l'accusé. Et sur son absence de remords.

Un individu totalement responsable de ses actes. C'est le portrait psychiatrique qu'ont dressé vendredi de Tony Meilhon, le meurtrier présumé de Laetitia Perrais, cinq experts convoqués à la barre de la cour d'assises de Nantes où il est jugé depuis mercredi.

Parmi eux, le docteur Vincent Alric, pour qui "Tony Meilhon ne présente pas de maladie psychiatrique réputée dangereuse". Ni "schizophrénie", ni "paranoïa" qui aurait pu expliquer son passage à l'acte et aurait pu le soustraire à une sanction pénale.

Selon lui, c'est sous "l'effet facilitant de produits toxiques et de l'alcool" qu'il peut devenir "inpulsif, colérique, instable", qu'il "prend des libertés avec le sens moral".
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"Instable", "impulsif" mais pas manipulateur

Le psychiatre a également tenté de dresser les dominantes de la personnalité de son ancien patient: "instabilité", "impulsivité", "intolérance à la frustration", "manifestations de colère" et "émoussement du sens moral". Mais une "intelligence normale".

En revanche, il est resté sceptique sur la thèse du "manipulateur", avancée notamment par une avocate des parties civiles. La veille, Tony Meilhon avait tout fait pour donner de lui une image respectable et Me Cécile de Oliveira, avocate de la soeur de Laetitia, avait alors évoqué sa "bonne capacité manipulatoire".

"Manipulateur? Je ne pense pas", a indiqué le Dr. Alric. "Comme tout un chacun, il essaie de minimiser, de tirer le meilleur profit de ses difficultés".

"Absence d'empathie"

À l'audience, il a décrit un individu ayant "une bonne estime de lui-même", "se présentant comme une victime" et "rejetant la responsabilité sur les autres". Un homme de 32 ans dont les treize condamnations antérieures et le meurtre présumé peuvent s'expliquer par "l'absence d'empathie", "le peu d'impact de la sanction" et "une personnalité structurée sur le mode psychopathique".


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Mathilde Tournier avec Pauline Revenaz