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Meilhon: "J'ai essayé de me faire passer pour fou. J'ai menti"

Dessin d'audience représentant Tony Meilhon, mercredi, devant les assises de Loire-Atlantique à Nantes.

Dessin d'audience représentant Tony Meilhon, mercredi, devant les assises de Loire-Atlantique à Nantes. - -

Au premier jour de son procès, l'assassin présumé de Laetitia Perrais a pris de court la cour d'assises de Nantes en donnant une nouvelle version des faits et en incriminant un complice.

Jusque là, il avait été peu coopératif. Avare de paroles, allant jusqu'à menacer d'avaler une lame de rasoir pour refuser une reconstitution de la scène de crime. Aussi, Tony Meilhon a pris de court ses juges, mercredi, en abondant en aveux au premier jour de son procès pour le meurtre de Laetitia Perrais.

Devant la cour d'assises de Loire-Atlantique, le premier coup de théâtre ne s'est pas fait attendre. "Pendant toute l'instruction, devant les experts et les juges, j'ai menti. Je n'ai pas dit la vérité sur quasiment 80% des faits", a-t-il déclaré.

Depuis son interpellation, le 20 janvier 2011, Tony Meilhon indique avoir "essayé de [se] faire passer pour fou devant les experts", avec des "chansons" et des "simulacres de tentatives de suicide". Avant de lâcher: "Il est difficile à porter, ce crime."

Étouffée sous une bâche?

Tony Meilhon, un homme de 33 ans au passé de délinquant multirécidiviste, est poursuivi pour le meurtre de Laetitia Perrais, une jeune femme de sa connaissance, en janvier 2011 près de Pornic. Pour l'accusation, il l'a percutée avec sa voiture avant de la poignarder et d'avoir démembré son corps dans deux étangs.

"Je reconnais avoir eu l'accident et avoir porté les coups de couteau. Je ne reconnais pas avoir démembré le corps. Je reconnais en avoir jeté les membres à Lavau. Quant à l'étang de Brior [NDLR: où a été découvert le tronc de la victime], je n'en connaissais même pas l'existence", a-t-il déclaré.

Il a reconnu avoir eu un accident avec le scooter de Laetitia, puis, persuadée qu'elle était morte, de l'avoir enveloppée dans une bâche où elle serait selon lui décédée d'asphyxie. Il aurait porté les coups de couteau après son décès pour faire croire à un crime, puis envoyé un SMS sur le portable de Laetitia après sa mort "pour se constituer un alibi".

L'apparition d'un complice

Autre aveu: l'existence d'un complice. Un homme qui aurait, selon les dires de l'accusé, aidé Tony Meilhon à transporter le corps en le découpant dans la forêt, puis à disperser les morceaux du corps. "On s'est partagé la tâche. Il a pris le tronc, j'ai pris les membres et chacun est allé se débarrasser du corps à un endroit."

"Qui est ce complice?", a alors interrogé le président. Là, Tony Meilhon est redevenu taiseux. "J'ai promis de ne rien dire. C'est monsieur X."

Sur ses aveux soudains, il a indiqué avoir "vu la douleur des personnes à la télévision. En voyant le mal que j'ai réalisé, fait, je me dois de dire la vérité." Des aveux qui restent cependant "très douloureux" pour Franck Perrais, le père de Laetitia, présent à l'audience. "J'essaie de rester digne. Je le dois à Laetitia", a-t-il déclaré mercredi soir après la suspension d'audience.

L'avocate de la soeur de Laetitia, Cécile de Oliveira, n'a de son côté pas caché son scepticisme sur ces aveux. Pour elle, Tony Meilhon n'a fait que "tenter le tout pour le tout avec une version qui lui permet de tenir droit dans son box".

Elle a pointé les "capacités manipulatoires" de l'accusé, qui essaierait, selon elle, de se prévaloir "d'une part d'humanité" en exposant sa propre version des faits.


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