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Timothé Fournier n'est jamais "mort en héros" lors de l'attentat de Nice 

Des fleurs pour l'hommage aux victimes de la tuerie de Nice, le 17 juillet

Des fleurs pour l'hommage aux victimes de la tuerie de Nice, le 17 juillet - Valery Hache - AFP

Ce buraliste de 27 ans avait été présenté comme un héros et une victime de l'attentat de Nice le 14 juillet, mort en sauvant sa femme enceinte. L'AFP avait fait témoigner sa cousine. Pourtant, Timothé Fournier n'est pas mort. Il n'était même pas à Nice ce soir-là. Et pourrait même ne jamais avoir existé.

Il était mort en sauvant sa femme enceinte de sept mois. Timothé Fournier, jeune buraliste parisien âgé de 27 ans, était censé se trouver à Nice le soir de l'attentat sanglant qui a coûté la vie à 84 personnes le 14 juillet sur la Promenade des Anglais. Pourtant, Timothé Fournier n'est pas mort. Ni blessé. Il n'était même pas à Nice le soir de l'attentat. Et pourrait même ne jamais avoir existé. L'histoire de Timothé a été inventée de toute pièce.

Alors que le camion blanc fonçait droit sur eux, il était présenté comme mort en héros après avoir poussé - et sauvé - sa femme sur le bas-côté, racontait le lendemain du drame l'AFP. L'agence avait même fait témoigner sa cousine, appelée "Anaïs", qui dressait le portrait d'un jeune homme plein de vie. "C'était une crème de bonté, un jeune homme rêveur mais qui était toujours là pour sa femme et son futur enfant". Des médias étrangers avaient également retracé ce destin tragique

Problème: une journaliste de France 2 n'a pas retrouvé trace de ce buraliste. Et s'est aperçue de la supercherie. "J'ai appelé toutes les fédérations de buralistes de Paris et je n'ai trouvé aucune trace de Timothé Fournier", raconte Valérie Heurtel sur le site Francetv.info.

Lorsque la mairie de Nice a finalement publié la liste officielle des 84 victimes, aucune trace du mystérieux Timothé Fournier. Un journaliste de Nice Matin a alors interrogé la municipalité, qui a confirmé que le héros ne figurait pas dans la liste des victimes. "Timothé Fournier est toujours en vie. Ou alors il n'existe pas."

L'Agence France-Presse a été piégée. Et le reconnaît: "L'AFP a été victime d'un faux de la part d'une personne qui s'est fait passer pour la cousine de cette supposée victime en donnant un luxe de détails qui ont induit le journaliste en erreur. Cette personne n'a plus répondu aux multiples sollicitations de l'AFP et a fermé le compte twitter via lequel l'Agence avait été en contact avec elle", a-t-elle précisé mercredi.

La directrice de l'information, Michèle Léridon, a donné des explications:

"Notre journaliste, par un excès de délicatesse et d'empathie vis-à-vis des victimes de l'attentat, n'a pas procédé à suffisamment de recoupements et de vérifications. C'est très regrettable et dommageable pour l'Agence et pour ses clients qui ont repris l'information. Mais nous avons été victimes d'un acte malveillant."

C.H.A.