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Tentative d'attentat sur les Champs-Elysées: ce que l'on sait de l'attaque

L'homme a foncé à deux reprises sur le fourgon de gendarmerie qui roulait sur les Champs-Elysées.

L'homme a foncé à deux reprises sur le fourgon de gendarmerie qui roulait sur les Champs-Elysées. - Alain Jocard - AFP

Un homme a percuté avec son véhicule un fourgon de gendarmerie qui circulait sur l'avenue parisienne. L'assaillant a trouvé la mort dans cette attaque. Fiché S, il détenait légalement des armes.

Une nouvelle attaque avec pour cible les forces de l'ordre. Lundi après-midi, le pire a été évité sur les Champs-Elysées après qu'un véhicule a délibérément foncé sur un fourgon de gendarmerie qui se rendait en opération de sécurisation place de la Concorde. Une bonbonne de gaz a été découverte dans l'habitacle, ainsi qu'une arme. L'assaillant, un homme de 31 ans résidant en Essonne, est mort. Fiché S, il possédait un permis de détention d'armes et en avait déclarées plusieurs légalement. Un profil qui interroge.

Des perquisitions menées au domicile de l'assaillant

Des membres de la BRI, la Brigade de recherche et d'intervention, des hommes de la police judiciaire et des gendarmes se sont rendu au Plessis-Pâté, en Essonne, au domicile de l'homme qui a attaqué les gendarmes. Agé de 31 ans, il vivait sa femme, ses enfants mais aussi avec ses parents et ses trois frères et soeurs. Quatre personnes, le père, le frère, la belle-soeur et l'ex-épouse de l'assaillant, ont été interpellées à l'issue de ces perquisitions. Comme pour chaque enquête, l'entourage de l'assaillant est interrogé.

Des armes longues et des munitions ont été découvertes ainsi que du matériel permettant de fabriquer une bombe, mais pas d'explosifs. De nombreux objets, dont deux téléphones portables et un ordinateur, ont également été emportés.

Dans la famille, on parle d'un homme pratiquant mais on s'étonne de ce passage à l'acte. "Il est devenu pratiquant, il a évité les mauvais chemins, il se stabilise dans la prière, témoigne Jawad, l'oncle de l'homme. Il a sa famille, tout ça..."

  • Que s'est-il passé sur les Champs-Elysées?

Peu avant 16 heures, un fourgon avec, à bord, huit gendarmes de l'escadron de Chaumont, en Haute-Marne, qui circulait en direction de la place de la Concorde pour sécuriser une manifestation contre la loi Travail a été percuté à deux reprises par un véhicule. La voiture, une Renault Megane, qui leur a foncé dessus est à l'arrêt, les militaires tentent alors de sortir le conducteur, qui a l'air sonné, en cassant une vitre. A ce moment-là, ils sentent une odeur de poudre et décident de reculer. La voiture commence à s'embraser alors que l'homme sort, une arme à la main, avant de s'effondrer. L'individu est mort sur place. Une autopsie va être réalisée ce mardi pour déterminer les cause de ce décès.

Des armes, dont une de type Kalachnikov, des munitions, ainsi que la carte d'identité de l'assaillant ont été découvertes dans le véhicule calciné.

Un Fiché S autorisé à détenir des armes

C'est la question qui interroge. L'homme, qui a tenté de commettre un attentat contre les gendarmes, comme l'a expliqué le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, était de nationalité française et âgé de 31 ans. Adepte d'un islam rigoriste, il s'était marié en Tunisie avec une femme de nationalité tunisienne. En 2013, les autorités tunisiennes le signalent à la France car elles ont remarqué qu'il gravitait avec des personnes soupçonnées de terrorisme. Inconnu de la justice française, il faisait pourtant l'objet d'une fiche S pour son appartenance à "la mouvance islamiste radicale" depuis 2015 et était connu des services de renseignement. 

Malgré cette surveillance, l'assaillant possédait légalement des armes. Il avait obtenu des autorisations qui courraient jusqu'à 2020 grâce à une pratique assidue du tir en club sportif. En effet, depuis 2011, il possédait un permis de détention d'armes pour trois types particuliers: un Glock 9mm, un Sig Sauer 9mm, deux armes équipant souvent les policiers, et une carabine Multiagro de calibre 7.62, une arme similaire à la Kalachnikov. Il avait également déclaré six autres armes, moins dangereuses, en préfecture.

Des dysfonctionnements dans l'administration?

Le permis de détention d'armes de l'homme de 31 ans a été renouvelé en février dernier alors qu'il était bien connu pour sa radicalisation. A ce moment-là, l'administration a bien procédé aux vérifications d'usage: consultation de la fiche S et du fichier AGGRIPA, qui répertorie tous les possesseurs d'armes. En octobre 2016, des gendarmes s'étaient également rendus au club de tir de l'homme pour poser des questions. "On ne peut pas le savoir! On ne nous prévient pas que quelqu’un est fiché S, s'est étonné Philippe Crochard, président de la Fédération française de tir. Ce qui est extraordinaire quand même c’est qu’étant fiché S il ait pu régulièrement bénéficier des autorisations de détention d’arme délivrées par la préfecture."

Selon nos informations, une perquisition administrative de son domicile a été envisagée à cette époque. Elle avait été abandonnée faute d'éléments suffisants pour la justifier. La DGSI devait toutefois le convoquer prochainement.
Justine Chevalier avec le service police-justice de BFMTV