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Tentative d'attentat sur les Champs-Élysées: ce qu'on sait sur l'assaillant

Une voiture a foncé sur une camionnette de la gendarmerie sur les Champs-Élysées, à Paris, le 19 juin 2017

Une voiture a foncé sur une camionnette de la gendarmerie sur les Champs-Élysées, à Paris, le 19 juin 2017 - BFMTV

Le conducteur qui a foncé sur un fourgon de gendarmes ce lundi après-midi sur les Champs-Élysées, à Paris, est mort. Il était fiché S et détenait un permis de port d'arme, selon nos informations.

Le conducteur de la voiture qui a délibérément percuté un fourgon de la gendarmerie sur les Champs-Élysées, ce lundi après-midi à Paris, a perdu la vie. Dans la voiture de l'assaillant ont été retrouvées des armes dont une kalachnikov, des munitions, une bonbonne de gaz ainsi que sa carte d'identité.

Selon ce document, le conducteur était âgé de 31 ans, on sait aussi qu'il était fiché S. Connu des services de renseignement mais sans antécédent judiciaire, l'assaillant était de nationalité française, né en 1985 à Argenteuil, dans le Val-d'Oise. Il s'était marié en Tunisie avec une femme de nationalité tunisienne.

L'assaillant avait un permis de détention d'arme

En 2013, en outre, les services secrets tunisiens l'avaient repéré car il était en contact avec des personnes soupçonnées de terrorisme, et l'ont signalé aux autorités françaises.

En septembre 2015, la France décide de lui attribuer une fiche S, en particulier parce qu'il est repéré pour sa radicalisation. A cette époque, il est déjà titulaire depuis plusieurs mois d'un permis de détention d'arme pour un Sig Sauer 9mm, un Glock 9mm, et une carabine Multiagro de calibre 7.62 (type kalachnikov). Au total, il avait déclaré la possession de neuf armes à feu aux autorités. 

Ce permis lui avait été délivré parce qu'il pratiquement assidûment le tir sportif en club depuis 2011. Ces autorisations lui avaient été accordées en 2015 et étaient valides jusqu'en 2020.

En octobre 2016, le club de tir où il s'entraîne régulièrement reçoit la visite de deux gendarmes, qui viennent se renseigner sur son profil. En interrogeant le directeur du club, ils ne précisent pas la raison de leurs investigations. Bien qu'il soit fiché S, son permis de détention d'arme a été renouvelé en février 2017 par les autorités, selon nos informations, au motif qu'il n'y avait pas d'éléments en sa défaveur, après l'examen de son fichier, qui a donc bien eu lieu.

Une famille entière radicalisée

Une perquisition a été réalisée lundi soir à son domicile au Plessis-Pâté, dans l'Essonne. Selon des informations recueillies sur place par BFMTV, l'assaillant vivait dans son pavillon avec notamment ses parents. Lors de l'arrivée des enquêteurs pour la perquisition, sa mère, une infirmière d'origine polonaise, était présente aux côtés de son époux, d'origine nord-africaine. A l'intérieur se trouvaient aussi la sœur et les frères de l'assaillant.

A Plessis-Pâté, les voisins ont décrit une famille très peu sociable, qui disait à peine bonjour, où les femmes portaient des voiles où l'on ne distinguait que les yeux. La famille s’était installée ici il y a trente ans et tous les membres de cette famille se sont radicalisés il y a une dizaine d’années.

Cette trajectoire avait d'ailleurs inquiété les voisins qui s'étaient ouverts au maire de la commune de la tenue de réunions nocturnes à leur domicile, masqué par de grands arbres arrêtant les regards, et où convergeaient des personnes venues de l'extérieur. Ces réunions, d'après ces témoignages, se déroulaient à un rythme hebdomadaire. Les femmes, qui s'y présentaient en niqab, devaient téléphoner avant de pénétrer dans la maison. 

L'assaillant a mis le feu à sa voiture

L'homme a d'abord mis feu à son véhicule avant de percuter le fourgon de gendarmes au niveau du rond-point des Champs-Élysées. Les huit représentants des forces de l'ordre qui se trouvaient à bord de la camionnette sont indemnes. 

Le ministre de l'Intérieur a qualifié l'incident de "tentative d'attentat". "Une nouvelle fois, les forces de sécurité en France ont été visées. La menace est extrêmement élevée", a déclaré Gérard Collomb. La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance.

Céline Hussonnois-Alaya