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Saint-Denis: le patron du Raid raconte un assaut hors normes

Il décrit une opération difficile, longue et violente: Jean-Michel Fauvergue, le patron du Raid est revenu dans Le Parisien et Le Figaro sur l'assaut lancé mercredi, tôt dans la  matinée, dans un appartement de Saint-Denis. Sept personnes ont été interpellées et deux sont mortes.

Quelques heures seulement après l'opération des forces de l'ordre, qui a réuni 110 policiers dont 70 hommes du Raid, Jean-Michel Fauvergue, le patron de l'unité d'intervention, a raconté au Parisien et au Figaro, la violence de l’assaut lancé mercredi dans un appartement de Saint-Denis. Il détaille le déroulement de la matinée, qui a débutée peu avant 4h30 pour ses hommes.

Au Parisien, il explique que l'équipe en savait peu sur la nature de l’opération qu’ils s’apprêtaient à mener puisqu’ils ont été "seulement prévenus de l’imminence d’une opération à risque en matière antiterroriste" détaille Jean-Michel Fauvergue.

"Très vite", des difficultés

Pendant l'assaut, cinq policiers ont été blessés : "Soudain, nous avons vu arriver des grenades offensives, jetées à nos pieds. Celles-ci ont causé plusieurs blessures aux bras et aux jambes des opérateurs du Raid". Lors de l'intervention "5.000 munitions" ont été tirées par le Raid, a expliqué François Molins, le procureur de la République de Paris. 

Dans son récit de l’opération, le patron du Raid évoque la violence de la riposte des terroristes mais aussi les difficultés que ses hommes ont rencontrées. "Très vite nous avons rencontré notre première difficulté" explique-t-il, puisque les hommes du Raid ont voulu ouvrir la porte à l’explosif, mais cette dernière, blindée, a résisté. Il détaille: "Nous avons perdu notre effet de surprise (…) du coup il a fallu s’adapter".

Des terroristes "hyper motivés"

Jean-Michel Fauvergue assure que ses hommes se sont données "le temps". "Nous étions soumis à un feu nourri avec de vrais professionnels face à nous", explique-t-il. Il décrit des adversaires déterminés, organisés et "hyper motivés" puisqu’ils faisaient en sorte de tirer "pour que le feu ne s’arrête pas".

Après l'explosion de la femme, "un mur porteur a bougé"

Après que trois personnes se soient rendues, le chien du Raid, Diesel, a été envoyé dans l’appartement et a été tué. "Il a sans doute sauvé la vie des policiers" explique Jean-Michel Fauvergue au Parisien. Peu après, la femme kamikaze a actionné son gilet explosif: "Ce fut d’une telle violence qu’un mur porteur a bougé", décrit le patron du Raid. 

"Ça va prendre du temps"

Sur BFMTV, Jean-Michel Fauvergue explique que l'explosion et les tirs nourris ne facilitent pas le travail des enquêteurs. Deux personnes sont mortes et "peut-être d'avantage" disait, hier, Bernard Cazeneuve. "L’immeuble qui était vétuste n’a pas résisté, ça va mettre du temps avant de tout retrouver sous les décombres", précise le patron du Raid, à propos des corps. 

Dans cet assaut, huit personnes ont été interpellées et deux sont mortes dont Hasna Aitboulahcen. Cette femme se présente comme la cousine d'Abdehamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis qui ont fait 129 morts et 352 blessés.

Cinq policiers du Raid ont été blessés, mais ils sont rentrés chez eux a assuré Jean-Michel Fauvergue sur BFMTV. 

Mélanie Longuet