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Terrorisme

Moussa Coulibaly, "un homme froid et déterminé", transféré à Paris

Moussa Coulibaly lors de son transfert, ce jeudi de Nice jusqu'à Paris.

Moussa Coulibaly lors de son transfert, ce jeudi de Nice jusqu'à Paris. - Valery Hache - AFP

Moussa Coulibaly, l'agresseur de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif mardi à Nice, a été transféré ce jeudi soir à Paris, où va se poursuivre sa longue garde à vue. Il s'agit d'un homme "froid" et "déterminé", selon son ex-avocate, rencontrée par BFMTV.

Il est désormais placé entre les mains de la sous-direction anti-terroriste, à Paris. Moussa Coulibaly, qui a agressé mardi trois militaires à Nice postés en faction devant un centre communautaire israélite, a été transféré à la capitale, ce jeudi.

Avant son départ pour l'aéroport de Nice, sa garde à vue avait été prolongée de 48 heures par un juge dans le cadre de l'enquête ouverte pour tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, a annoncé une source proche du dossier. Une garde à vue qui va donc se terminer à Paris.

"Pas le moindre sentiment de regret"

Preuve de la détermination de l'accusé, ce dernier a décidé de se séparer de son avocate, Me Caroline Laskar, ne souhaitant plus être défendu. BFMTV a pu s'entretenir cette dernière, qui dresse le portrait de son ex-client. "On n'a pas eu le moindre sentiment de regret" de la part de Moussa Coulibaly, nous a-t-elle expliqué. "Il est déterminé, c'est certain, compte-tenu des propos qu'il a tenus." "C'est une personne froide, comme le montre le silence qu'il a tenu pendant près de 48 heures", a-t-elle poursuivi.

Plus troublant encore, son ex-client n'a pas, au cours des deux jours passés en garde à vue, semblé montrer le moindre intérêt sur la procédure actuellement en cours contre lui. "Il s'en fiche de ce qu'il peut lui arriver maintenant, à partir du moment où il a été arrêté", a noté Caroline Laskar, qui n'est désormais plus son avocate depuis son transfert de Nice à Paris.

Une haine de la France, de la police, des militaires et des juifs

Refoulé il y a une semaine de Turquie et surveillé à Nice par les services de renseignement français, Moussa Coulibaly séjournait depuis son retour le 29 janvier dans un hôtel près de la gare, où les enquêteurs ont notamment trouvé un texte écrit de sa main adressé à Allah. Il n'y mentionne toutefois aucun projet d'attentat. L'agresseur avait été interpellé mardi à 14 heures après avoir blessé au couteau deux militaires, avant d'être finalement maîtrisé par un troisième, en plein coeur de Nice sur une artère commerciale très fréquentée. 

Mercredi, rompant son silence en garde à vue, l'homme de 30 ans a fait des déclarations sur sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs. Il s'est également dit persuadé que les musulmans étaient persécutés dans le monde.

Repéré depuis la mi-décembre

Moussa Coulibaly avait été repéré mi-décembre par les services de police, alors qu'il faisait du "prosélytisme agressif" dans une salle de sport des Yvelines, dont il avait été exclu. L'homme, qui se serait radicalisé depuis 2011, s'est forcément procuré à Nice les deux couteaux en sa possession, puisqu'il arrivait de Turquie en avion. L'arme blanche qu'il a directement utilisée sur le visage de l'un des militaires, avait une lame d'environ 30 centimètres. 

Son acte semble a priori être celui d'un homme isolé, peut-être dépité par son refoulement de Turquie, juge un connaisseur du dossier. Il avait indiqué aux services de renseignement français qu'il se rendait dans le pays pour faire du tourisme.

Moins de deux ans passés en prison

Ce petit délinquant était connu pour des faits de droit commun, commis à Mulhouse entre avril 2006 et novembre 2009 : vol à l'étalage, violences, usage de stupéfiants, outrage à personnes dépositaires de la force publique. "Il séjournait seul au centre-ville de Mulhouse, dans un immeuble vétuste", a indiqué une source policière mulhousienne. Il aurait à l'époque cumulé "moins de deux ans de prison". Il vivait depuis au Val-Fourré, quartier sensible de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, avec sa mère.

Il s'était rendu à Nice les 25 et 26 janvier, avant d'attirer l'attention à Ajaccio en cherchant à acheter un aller simple pour la Turquie. L'agence de voyages lui avait finalement vendu un aller-retour pour le 28 janvier vers la Turquie en passant par Nice et Rome. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), alertée, avait alors demandé aux autorités turques de le refouler, ce qu'elles ont fait le 29 janvier.

Vigipirate à son plus haut-niveau dans les Alpes-Maritimes

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé mercredi que le plan Vigipirate allait passer au niveau "alerte attentat" dans les Alpes-Maritimes, justifiant cette mesure par le fait qu'"il y a toujours des possibilités de mimétisme"."Nous héritons de moyens de renforts pour assurer une meilleure protection", s'est réjoui jeudi le maire UMP de Nice, Christian Estrosi. 

Jé. M., avec AFP