BFMTV

"Mon frère a probablement été manipulé", confie la soeur de Sid Ahmed Ghlam

Sid Ahmed Ghlam, l'homme interpellé dimanche à Paris et soupçonné d'avoir voulu mener un attentat contre une église.

Sid Ahmed Ghlam, l'homme interpellé dimanche à Paris et soupçonné d'avoir voulu mener un attentat contre une église. - BFMTV - RMC

Sid Ahmed Ghlam, 24 ans, l'étudiant d'origine algérienne arrêté dimanche et soupçonné d'avoir préparé des attentats contre au moins une église, et d'être impliqué dans un meurtre à Villejuif, n'avait pas le profil d'un islamiste radical, a assuré sa soeur à BFMTV.

Un étudiant féru d'informatique, présenté comme un jeune homme discret par son voisinage, mais qui avait manifesté son attrait pour les terres de jihad, sur les réseaux sociaux. Tel est le contour de la personnalité de Sid Ahmed Glam, l'homme interpellé dimanche à Paris et placé en garde à vue, soupçonné d'avoir cherché à perpétrer un attentat "imminent", contre au moins une église, et d'être lié au meurtre d'Aurélie Châtelain, à Villejuif.

"Souriant", "respectueux" et "calme"

D'après les informations dévoilées mercredi après-midi par le procureur de Paris François Molins, Sid Ahmed Glam était en contact avec une personne se trouvant en Syrie, qui lui aurait demandé de cibler une église. Or, selon sa soeur, le jeune homme, qui vivait dans une résidence étudiante du 13e arrondissement de Paris, n'avait pas le profil d'un islamiste radical.

"Mon frère n'a jamais été à l'extrême de l'islam".

"Il a toujours été droit. Il était toujours souriant, il rendait service. On est vraiment très choqués par rapport à ce qu'il se passe", a ainsi assuré la soeur du jeune homme, interrogée par BFMTV. "Il parlait avec les femmes. Il disait 'bonjour, bonsoir'. Il était vraiment respectueux. En plus, il était dans une université où il y avait des femmes. Il n'a pas changé du tout, il était toujours calme", a-t-elle poursuivi, expliquant que son frère donnait des cours d'arabe à la mosquée.

"Nous, on est des musulmans modernes... Sid Ahmed, il n'a pas la barbe, pas la djellaba, il fait sa prière cinq fois par jour, c'est tout", a-t-elle précisé à nos confrères du Parisien. Elle affirme avoir eu son frère au téléphone samedi soir, soit la veille de son interpellation. Selon elle, Sid Ahmed Ghlam était dans sa chambre d'étudiant, et un homme, d'origine kabyle, se trouvait avec lui à ce moment là. La jeune femme a également indiqué avoir fait le ménage la semaine dernière dans la chambre d'étudiant de son frère, dans la résidence située dans le 13e arrondissement de Paris, et n'avoir rien trouvé de suspect.

"Manipulation"

Interrogée sur le contact en Syrie avec lequel communiquait son frère, la jeune femme, qui vit, comme le reste de la famille du suspect, à Saint-Dizier, dans la Haute-Marne, a affirmé ne "pas comprendre". "Quand il voyait tout ce qu'il se passait à la télévision, Daesh, tout ça, il était mal à l'aise. Il nous disait: l'islam c'est pas ça, c'est pas se battre avec le sang, c'est pas tuer les gens". Pour elle, son frère a probablement été "manipulé". "Soit ils l'ont menacé, soit ils l'ont fait rentrer dans un jeu, parce que tout ça, lui, tout seul, jamais", a-t-elle justifié. 

Auprès du Parisien, la jeune femme estime par ailleurs que Sid Ahmed Ghlam n'a "pas pu tuer cette fille", en référence au meurtre d'Aurélie Châtelain, dimanche, à Villejuif. L'ADN du terroriste présumé a été retrouvé sur la voiture de la victime.

D'après le procureur de Paris, Sid Ahmed Ghlam a vécu en Algérie jusqu'en 2001, avant de venir en France avec sa mère pour rejoindre son père à Saint-Dizier, où il est resté de 2001 à 2003. Il est ensuite reparti vivre en Algérie jusqu'en 2009. En 2010, il a obtenu son baccalauréat sur place puis, l'année suivante, il a quitté le domicile familial pour poursuivre ses études à Paris et à Reims. Sid Ahmed Ghlam est ensuite retourné à Saint-Dizier avant de faire son retour dans la capitale, en septembre 2014.