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Comment la police est remontée jusqu'au suspect de l'attentat déjoué

Le lien entre l'affaire Aurélie Châtelain et l'arrestation de dimanche est avéré.

Le lien entre l'affaire Aurélie Châtelain et l'arrestation de dimanche est avéré. - BFMTV.com

L'homme interpellé dimanche à Paris, et placé en garde à vue, soupçonné d'avoir voulu perpétrer des attentats contre des églises, est directement lié au meurtre d'une femme, dimanche matin, à Villejuif, dans le Val-de-Marne. Comment les enquêteurs ont-ils fait le lien entre les deux affaires? BFMTV.com fait le point.

Il y a bel et bien un lien entre l'attentat déjoué dimanche à Paris et le meurtre commis le même jour dans le Val-de-Marne. Ce mercredi matin, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué que l'homme arrêté à Paris dimanche, un islamiste radical qui projetait de perpétrer un attentat imminent contre des églises, est également impliqué dans le meurtre d'une femme de 33 ans, à Villejuif, le week-end dernier. 

Les deux affaires, très différentes, remontent donc au même homme, un jeune étudiant, arrêté par hasard après un coup de téléphone au Samu pour une blessure. Comment les forces de l'ordre ont-elles fait le lien? Explications.

Une femme tuée de trois balles dans sa voiture

Tout commence dimanche matin, avec ce qui ressemble, à première vue, à un fait-divers "classique". Ce jour-là, Aurélie Châtelain, une professeur de fitness est retrouvée gisant dans sa voiture en flammes, à Villejuif, dans la banlieue de Paris. La jeune femme a été tuée, touchée par trois impacts de balles. Inconcevable pour ses proches, ce meurtre apparaît comme mystérieux pour les enquêteurs.

Aurélie Châtelain, mère d'une petite-fille de 5 ans, est originaire de Caudry, dans le Nord. Au chômage, elle avait rejoint la banlieue sud de Paris samedi, en voiture, pour y suivre un stage de gymnastique, pendant une semaine. Un passage par Clamart, dans les Hauts-de-Seine, samedi, puis à Villejuif, dans le Val-de-Marne, ensuite, figuraient à son programme.

C'est à Villejuif, dimanche matin, vers 8h40, que deux passants signalent aux pompiers son véhicule qui commence à prendre feu. La jeune femme est déjà morte. Impossible de la réanimer. Son véhicule, un Renault Scénic, est garé dans une rue pavillonnaire tranquille, à quelques dizaines de mètres de deux hôtels. Aucun témoin de la scène ou presque. Seule une riveraine a expliqué dimanche à l'AFP avoir entendu quelque chose "vers 8 heures", "comme un coup de pétard, mais ça pouvait être aussi une portière qui claque", a-t-elle détaillé. Le parquet de Créteil ouvre alors une enquête pour "homicide volontaire", confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

Un banal appel au Samu dimanche matin

Parallèlement, et sans lien avec ce fait-divers, un homme passe un coup de téléphone au Samu et à la police dimanche matin, vers 9 heures, car il a croisé la route d'un individu blessé au genou et à la cuisse, et couché sur le trottoir, dans le 13e arrondissement de Paris. A leur arrivée, les policiers écoutent les explications confuses de la victime, qui prétend avoir été agressée par un voleur. Les traces de sang au sol permettent aux forces de l'ordre d'aller jusqu'à la voiture de cet individu, un Renault Mégane blanc.

C'est à ce moment là que la police tombe sur un important arsenal de guerre, dans un gros sac de sport posé sur la banquette arrière de la voiture. Très vite, une perquisition est menée au domicile de l'individu, une chambre dans une résidence étudiante, où les forces de l'ordre découvrent de la documentation, et se rendent compte que l'homme a eu, par le passé, des velléités de départ en Syrie, en 2014 et 2015, mais qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête judiciaire. 

D'après les documents retrouvés, cet étudiant en informatique de 24 ans avait l'intention de commettre "un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises", de façon "imminente", a indiqué Bernard Cazeneuve.

Comment le lien entre les deux affaires a-t-il été fait? 

Le lien entre les deux découvertes est fait mardi, lorsque les policiers se rendent compte que cet homme apparaît sur les images de vidéo surveillance de la ville de Villejuif, et qu'il est donc vraisemblablement lié au meurtre d'Aurélie Châtelain. Les forces de l'ordre vérifient alors l'ADN prélevé sur le véhicule brûlé de la jeune femme. Conclusion: il s'agit bel et bien du même homme.

Quel est le mobile du meurtre de cette professeur de fitness? Il n'est, pour l'heure, pas possible de l'établir car il n'y a à ce stade de l'enquête pas de lien défini entre l'homme interpellé dimanche et Aurélie Châtelain.

Adrienne Sigel, avec Sarah-Lou Cohen