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Meurtre de Villejuif: qui était Aurélie Châtelain?

Aurélie Châtelain, 33 ans, a été retrouvée morte dans sa voiture, à Villejuif, dimanche 19 avril.

Aurélie Châtelain, 33 ans, a été retrouvée morte dans sa voiture, à Villejuif, dimanche 19 avril. - BFMTV

Aurélie Châtelain, 33 ans, a été retrouvée morte dimanche dans sa voiture, à Villejuif. Originaire du Nord, cette jeune femme se trouvait dans le Val-de-Marne dans le cadre d'un stage de gymnastique, lorsqu'elle a vraisemblablement croisé la route de l'homme interpellé dimanche, soupçonné de préparer un attentat, et dont l'ADN a été retrouvé sur la voiture.

Comment Aurélie Châtelain s'est-elle retrouvée sur la route de l'homme de 24 ans interpellé dimanche à Paris, soupçonné de vouloir perpétrer un attentat contre des églises, et vraisemblablement impliqué dans sa mort? Quel était le lien entre les deux individus? A ce stade de l'enquête, les réponses à ces questions demeurent inconnues. En revanche, des éléments de portrait d'Aurélie Châtelain, la victime de Villejuif, se dessinent.

A Paris pour un stage de gymnastique

Cette jeune femme, de 33 ans, a priori sans histoires, était danseuse et professeur de fitness. Originaire du Nord, plus précisément de Caudry, près de Valenciennes, Aurélie Châtelain avait rejoint la banlieue sud de Paris en voiture, samedi, pour y suivre un stage de pilates, une méthode douce de gymnastique, pendant une semaine. Au programme: un passage par Clamart, dans les Hauts-de-Seine, samedi, puis Villejuif, dans le Val-de-Marne, ensuite.

"Arrivée à Clamart!!!! demain direction Villejuif.....trouvé hôtel à 20 min à pieds.... trop contente!!!!", écrit-elle sur Facebook samedi à 23h26. La veille de sa mort.

Retrouvée morte dans sa voiture

Dimanche matin, vers 8h40, Aurélie Châtelain est retrouvée gisant dans sa voiture en flammes, à Villejuif. La jeune femme a été tuée, touchée par trois impacts de balle. A l'origine de la macabre découverte, deux passants, qui signalent aux pompiers son véhicule, qui commence à prendre feu. A l'arrivée des secours, la jeune femme est déjà morte. Impossible de la réanimer.

Son véhicule, un Renault Scénic, est garé dans une rue pavillonnaire tranquille, à quelques dizaines de mètres de deux hôtels. Aucun témoin de la scène ou presque. Seule une riveraine a expliqué dimanche avoir entendu quelque chose "vers 8 heures", "comme un coup de pétard, mais ça pouvait être aussi une portière qui claque", a-t-elle détaillé. Le parquet de Créteil ouvre alors une enquête pour "homicide volontaire", confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

RMC a pu joindre Peggy, une amie d'Aurélie Châtelain. "On ne sait pas encore les circonstances de sa mort, mais elle ne s'est peut-être pas laissée faire, et une balle perdue est venue se loger chez l'auteur des faits", imagine-t-elle, alors que l'homme interpellé a appelé le Samu pour une blessure à la jambe, quelques instants après la mort d'Aurélie.

"Indirectement elle a sauvé des vies. Quelque part, là-haut, elle doit être satisfaite".

Une fille de cinq ans

A Caudry, petite commune de 14.000 habitants, la nouvelle de la mort de cette femme dynamique et souriante se répand rapidement, et beaucoup sont gagnés par l'émotion et l'incrédulité. "Elle n'avait pas d'ennemis, que des amis", a confié son père Jean-Luc.

Aurélie Châtelain avait une petite fille, Juliette, cinq ans. Elle était restée en bons termes avec le père de l'enfant, dont elle était séparée depuis plusieurs années. "Je m'occupe de ma fille et fais déjà comme je peux pour garder la tête froide face à elle", a indiqué le père de la fillette sur Facebook. "Je ne sais quoi dire devant tant d'effroi, d'incompréhension, de colère et de haine."

Investie dans la vie de sa ville

Surnommée "Lilly" par ses proches, Aurélie Châtelain était pleinement investie dans sa ville, où elle avait commencé par travailler entre 2002 et 2007 auprès d'enfants de 11 à 17 ans comme animatrice au sein d'un centre social. "Tout ceux qui l'ont connue sont abasourdis. Pourquoi ?", soupire son ancien directeur, Eric Bernard, qui décrit une jeune femme "toujours souriante".

En 2007 à 2014, titulaire d'un CAP "petite enfance", elle avait rejoint "La Maison Enchantée", la crèche communale. Parallèlement, cette jolie fille aux yeux bleus, passionnée par la danse et le fitness, avait été élue conseillère municipale, entre 2008 et 2014, sur la liste du maire de droite Guy Bricout. "La danse était sa vie", écrit notamment ce dernier dans un communiqué co-signé avec le conseil municipal, en hommage à la jeune femme.

"Aurélie, c'était un peu notre petite soeur à tous", a confié l'élu, ému, sur BFMTV, ce mercredi.

Guy Bricout a fait part de la "consternation" de sa ville, où les drapeaux sont en berne, et annoncé qu'une marche blanche aurait lieu dimanche.

Adrienne Sigel, avec AFP