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Les terroristes de Bruxelles voulaient à nouveau frapper la France

Les attentats qui ont touché Bruxelles ont été organisés dans l'urgence, et étaient destinés à frapper de nouveau la France, révèle ce dimanche le parquet fédéral belge. De son côté, Mohamed Abrini est désormais inculpé d'"assassinats terroristes" dans le volet belge de l'affaire, après son inculpation concernant les attaques de Paris.

L'hypothèse avait été évoquée à de très nombreuses reprises, sans ne jamais pouvoir être confirmée ou infirmée. C'est désormais officiel: l'objectif de la cellule jihadiste basée à Bruxelles était de frapper à nouveau la France, mais elle s'est décidée dans l'urgence à lancer des attaques dans la capitale belge. Une urgence suscitée par l'arrestation, le 18 mars, de Salah Abdeslam. C'est ce qu'annonce ce dimanche le parquet fédéral belge, confirmant plusieurs informations de presse parues en Belgique.

Ces révélations font suite au coup de filet antiterroriste et à l'inculpation du suspect-clé Mohamed Abrini dans le dossier des attentats.

"Le parquet fédéral confirme qu'il ressort de plusieurs éléments de l'enquête que l'objectif du groupe terroriste était de frapper à nouveau la France et que c'est pris de court par l'enquête qui avançait à grands pas qu'ils ont finalement décidé dans l'urgence de frapper Bruxelles", explique le parquet dans un bref communiqué, deux jours après l'arrestation d'un des suspects clés, Mohamed Abrini.

Pour rappel, fin mars, un jihadiste présumé, Reda Kriket, un Français de 34 ans, a été inculpé à Paris dans une enquête sur un projet d'attentat "imminent" déjoué en France.

Inculpé pour les deux attentats

Les rebondissements se multiplient depuis l'arrestation vendredi dans la commune bruxelloise d'Anderlecht de Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain de 31 ans, ami d'enfance de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris capturé le 18 mars à Bruxelles, et de trois autres individus.

Lors de ses auditions, Abrini a reconnu être le troisième homme qui accompagnait les deux kamikazes de l'aérogare de Bruxelles, "l'homme au chapeau" que les enquêteurs cherchaient à identifier à l'aide d'images de vidéosurveillance.

En conséquence, Mohamed Abrini n'est plus seulement inculpé dans le volet français mais l'est également désormais pour "participation aux activités d'un groupe terroriste, assassinats terroristes et tentatives d'assassinats terroristes" dans l'enquête sur les attentats de Bruxelles.

Un mandat d'arrêt européen avait été publié à son encontre par les juges français: possible soutien logistique, Mohamed Abrini a été filmé en compagnie de Salah Abdeslam dans une station-service de l'Oise (nord de Paris) dans la voiture qui servira à convoyer les kamikazes au Stade de France deux jours plus tard.

Confronté par plusieurs expertises

Des traces de son passage avaient été localisées dans deux logements de Schaerbeek, une commune de Bruxelles, qui pour l'un a pu servir de cachette à Salah Abdeslam en fuite et pour l'autre était le point de départ du commando de l'aéroport de Bruxelles.

"Confronté aux résultats de diverses expertises, (il) a reconnu sa présence lors des faits", avait expliqué samedi soir le parquet fédéral belge. Il s'agit principalement des images de vidéosurveillance, selon une source proche du dossier.

Les enquêteurs avaient pu retracer une partie du parcours de "l'homme au chapeau", de l'aérogare quittée à pied juste avant les explosions à sa disparition deux heures plus tard dans le centre de Bruxelles. Mais Mohamed Abrini a-t-il dit la vérité aux enquêteurs et au juge d'instruction?

Un mensonge pour protéger le reste du réseau?

"Cela ne correspond au mode opératoire de l'EI", le groupe Etat islamique, qui a revendiqué les attentats, a déclaré un spécialiste belge de l'islamisme radical, Peter Van Ostaeyen, estimant qu'il a pu mentir pour protéger le reste du réseau.

Trois autres hommes ont été arrêtés le même jour que Mohamed Abrini. Osama Krayem (dont l'identité complète n'est pas confirmée par le parquet), un Suédois de 23 ans qui s'est rendu en Syrie, a été identifié comme le deuxième homme du métro bruxellois, filmé avec Khalid El Bakraoui quelques minutes avant que celui-ci ne se fasse exploser à la station Maelbeek. Il est aussi soupçonné d'avoir acheté les sacs ayant contenu les explosifs de l'attaque de l'aérogare.

Les enquêteurs soupçonnent Salah Abdeslam d'être allé le chercher, ainsi que le dénommé Amine Choukri, à Ulm (Allemagne), le 3 octobre quand ils sont, très probablement, rentrés de Syrie. Deux autres hommes, Hervé B. M., un Rwandais de 25 ans, et Bilal E. M., 27 ans, ont également été inculpé dans le volet belge pour avoir aidé Abrini et Krayem.

la rédaction avec AFP