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L'inculpation de Mohamed Abrini confirme le lien entre les tueries de Paris et Bruxelles

Mohamed Abrini a été inculpé des chefs d'"assassinats terroristes" et de "participation aux activités d'un groupe terroriste" a indiqué samedi le parquet fédéral belge.

Mohamed Abrini a été inculpé des chefs d'"assassinats terroristes" et de "participation aux activités d'un groupe terroriste" a indiqué samedi le parquet fédéral belge. - BFMTV

Que ce soit pour les attentats de Paris pour l'un, ou de Bruxelles pour l'autre, les deux hommes interpellés par la police belge ce vendredi - Mohamed Abrini et Osama Krayem - sont désormais inculpés des chefs d'"assassinats terroristes" et de "participation aux activités d'un groupe terroriste".

Deux inculpations, puis des aveux. Les enquêtes dans le cadre des attentats de Paris et de Bruxelles ont connu deux avancées de taille, ce samedi. Au lendemain de l'arrestation de six personnes en Belgique, deux d'entre-elles ont été inculpées de chefs d'"assassinats terroristes" et de "participation aux activités d'un groupe terroriste" par la justice belge: il s'agit de Mohamed Abrini et Osama K.. 

Inculpé dans le dossier des attentats de Paris, le premier cité a ensuite avoué être le troisième homme présent lors de l'attentat à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, le 22 mars. Mohamed Abrini serait donc bien "l'homme au chapeau", selon le parquet fédéral belge.

Diverses expertises en plus des aveux

"Il a été confronté aux résultats de diverses expertises et a reconnu sa présence lors des faits. Il a expliqué avoir jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite", a expliqué le parquet dans un court communiqué.

Ce Belgo-Marocain de 31 ans était le dernier suspect-clé des attentats de Paris a toujours être traqué par les forces de l'ordre depuis le 13-Novembre, à la suite de l'arrestation de Salah Abdeslam. Les investigations dévoilent les liens étroits entre les suspects: des traces du passage de Mohamed Abrini ont été localisées dans deux logements à Schaerbeek, une autre commune de Bruxelles. Un logement contenait aussi des traces de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris, et l'autre, situé rue Max Roos, était le point de départ du commando de l'aéroport de Bruxelles.

En près de cinq mois, l'enquête a révélé les liens de Mohamed Abrini avec les attaques parisiennes: possible soutien logistique, cet ami d'enfance des frères Salah et Brahim Abdeslam à Molenbeek a été filmé en compagnie de Salah dans une station-service de l'Oise dans la voiture qui servira à convoyer les kamikazes au Stade de France deux jours plus tard.

"Le deuxième homme" du métro

Le deuxième principal inculpé, Osama Krayem (dont l'identité complète n'est pas confirmée par le parquet), lève partiellement le mystère du dénommé Naïm Al Hayed, le nom qu'il avait emprunté lors de son enregistrement sur l'île grecque de Leros en même temps qu'un flot de réfugiés.

Ses empreintes avaient été retrouvées dans le logement de la rue Max Roos. Les enquêteurs belges ont désormais la certitude qu'il est le "deuxième homme" du métro, que l'on voit sur des caméras de surveillance s'adresser brièvement au kamikaze qui s'est fait exploser dans une station du métro de Bruxelles, Khalid El Bakroui, le 22 mars.

Grâce à la vidéosurveillance, l'enquête le place également au centre commercial lors de l'achat des sacs dans lesquels ont été transportés les explosifs à l'aéroport de Bruxelles. Osama Krayem, Suédois, fils d'exilés syriens, intéresse beaucoup Paris car les enquêteurs soupçonnent Salah Abdeslam d'être allé le chercher, ainsi que le dénommé Amine Choukri, à Ulm (Allemagne), le 3 octobre quand ils sont, très probablement, rentrés de Syrie.

Jé. M. avec AFP