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Attaque au couteau à Paris: qu’est-ce qu’une fiche S?

L'auteur de l'attaque au couteau qui a fait un mort samedi a été abattu rue Monsigny, dans le 2e arrondissement de Paris.

L'auteur de l'attaque au couteau qui a fait un mort samedi a été abattu rue Monsigny, dans le 2e arrondissement de Paris. - BFMTV

En France, 20.000 personnes seraient fichées S. Outil de contrôle et de surveillance des individus présumés dangereux, la fiche S ne permet aucune action judiciaire, mais peut donner lieu à des écoutes et permet un suivi plus complet des individus concernés.

L’auteur de l’attaque au couteau qui a fait un mort et quatre blessés à Paris samedi soir était fiché "S", pour "sûreté de l’Etat", par les services de renseignement français, relançant le débat sur l’efficacité de ces fiches. S'ils n'empêchent pas le passage à l'acte, ces fichiers restent un outil de surveillance et de contrôle important pour le renseignement français.

Une durée de vie de deux ans

La fiche S est une des 21 sous-fiches du "fichier des personnes recherchées" (FPR), créé en 1969. Au sein des fiches S, on retrouve 16 catégories, les combattants jihadistes revenant d’Irak ou de Syrie appartenant à la fiche S14. Des activistes d’extrême gauche ou des hooligans peuvent aussi être fichés S: "Ces fiches n’empêchent rien, Elles permettent de connaître les gens qui y figurent; c’est ainsi que l’on a pu identifier Khamzat Azimov samedi soir. Tous ces gens-là sont connus des services de police", explique Dominique Rizet sur notre antenne. "Il faut 15 à 20 personnes pour surveiller un fiché S", estime-t-il.

"Les chiffres ne renvoient pas à des niveaux de dangerosité", rappelle le site gouvernemental stop-djihadisme.gouv.fr: "Ils renvoient à des types de profils, au genre d’informations à recueillir et aux actions à entreprendre lors d’un contrôle par les forces de l’ordre". Les fiches permettent de se tenir au courant des déplacements des personnes surveillées. Ainsi, lors du contrôle d’une personne fichée S, le service ayant émis la fiche est averti, permettant un suivi de la personne surveillée et la mise en place d'écoutes. Les fiches S ont une durée de vie de deux ans. Si les services de sécurité jugent qu'une personne fichée ne représente plus de nécessité d'être surveillée, elles ne sont pas renouvelées.

"Pas une preuve de culpabilité"

Mais la fiche S "n'est pas une preuve de culpabilité", selon Stop djihadisme et, si elles permettent une surveillance accrue, elles ne peuvent justifier de mesures de détention: "On est encore dans un Etat de droit. Si l'on veut un Guantanamo sur notre territoire, pourquoi pas, mais on sort de la démocratie et de l’Etat de droit. Dans un Etat démocratique, c’est plus compliqué d’anticiper et d’arrêter avant que ne se produise un crime, mais c’est la règle du 'jeu'", estime Michaël Prazan, auteur de Une histoire du terrorisme, ce lundi sur notre antenne.

Né en Tchétchénie en novembre 1997, Khamzat Azimov était fiché S depuis 2016 pour des liens présumés avec une personne ayant rejoint Daesh en Syrie. Il avait été interrogé en 2017 par le renseignement français. Il était également inscrit au FSPRT, le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Selon Le Monde, plus de 20.000 personnes seraient fichées S en France, dont la moitié en lien avec l'islamisme radical.

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Guillaume Dussourt