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Tahar Mejri, qui avait perdu son fils et son épouse dans l'attentat de Nice, est mort

La mort de Tahar Mejri a été annoncée sur le groupe Facebook Mémorial des anges.

La mort de Tahar Mejri a été annoncée sur le groupe Facebook Mémorial des anges. - Capture d'écran Facebook

Tahar Mejri est mort à l'âge de 42 ans, quatre ans après l'attentat de Nice dans lequel son fils de 4 ans et sa femme avaient été tués. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de sa mort.

Il était devenu un des visages de la tragédie de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016. Sa détresse devant l'hôpital alors qu'il cherchait son fils de 4 ans avait ému la France et au-delà. Tahar Mejri, qui avait perdu sa femme et son fils tués lors de l'attaque terroriste sur la promenade des Anglais, est mort à l'âge de 42 ans mercredi.

"Mourir d’aimer…. C’est avec une grande tristesse que nous vous annonçons le décès de Tahar Mejri 42 ans, papa de Kylan Mejri décédé le 14 juillet 2016. Toutes nos pensées, notre affection et notre soutien à sa compagne Rachel qui malgré tout son amour n’a pas réussi à le sortir de son indicible souffrance" annonce un message publié sur ce groupe en hommage aux 86 morts de l’attentat de Nice.

Un cri de détresse

Selon ses proches, Tahar Mejri ne s'est jamais remis de la mort de son fils Kylan et de son épouse Olfa. Tous les deux sont morts le 14 juillet 2016. Le soir de l'attaque, venu sur les lieux, il n'avait pu que constater le décès de sa femme. "Ma femme est morte devant moi, au sol", expliquait-il à Nice-Matin.

Pendant plusieurs jours, il remua ensuite ciel et terre avec l'espoir de retrouver son fils vivant: appels aux hôpitaux, aux commissariats, et messages sur Facebook. Tahar Mejri avait fini par apprendre la terrible nouvelle devant l'hôpital où son cri de détresse à l'annonce de la mort de son fils avait ému le monde entier.

Une enquête en cours

Selon Nice-Matin, une enquête est en cours pour déterminer les causes de sa mort. Rien ne permet pour le moment d'accréditer la thèse du suicide. Mais selon sa nouvelle compagne, Rachel, le père de Kylan souffrait énormément.

"Il n’allait pas bien. J’ai tout fait pour apaiser ses souffrances. Je n’ai pas réussi…", a-t-elle confié à Nice-Matin. "Au début, il se laissait aller. Ça a été dur de le relever. Puis on s’est aimés. Ces derniers temps, je l’ai senti fatigué. La semaine dernière, il m’a dit: 'Rachel, j’ai fait un rêve. Olfa m’a téléphoné. Elle dit que Kylan pleure son papa, qu’elle ne peut plus le tenir. Qu’il faut que je vienne'".

Après ce décès, plusieurs proches s'interrogent sur le suivi des victimes et de leur entourage. "La prise en charge des victimes montre ses limites face à la souffrance humaine", estime Anne Murris, qui a perdu sa fille dans l'attentat. Et de rappeler: "Les dégâts peuvent survenir longtemps, très longtemps après..."

Benjamin Rieth