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Attentat de Nice: des familles de victimes réclament l'audition de Christian Estrosi

INFO BFMTV - Des familles des victimes de l'attentat de Nice demandent l'audition du maire de l'époque et de son premier adjoint, Christian Estrosi. Elles souhaitent obtenir des réponses sur la sécurisation de l'événement sur la promenade des Anglais.

Des défaillances ont-elles eu lieu le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais? L'événement a-t-il été suffisamment anticipé? Des consignes en matière de sécurité n'ont-elles pas été respectées? C'est à ces questions que les familles des victimes de l'attentat de Nice veulent que la justice réponde. L'avocat de plusieurs victimes demande l'audition du maire de l'époque, Philippe Pradal, et de son premier adjoint d'alors en charge de la sécurité, Christian Estrosi, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte sur les conditions de sécurité de l'événement.

"Evidemment nous faisons la part des choses, nous savons que l'acte principal est un acte opéré par un terroriste islamiste. Pour autant, nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur les conditions d'organisation de ce 14 juillet 2016", détaille Me Fabien Rajon.

"Ce ne sont pas des surhommes"

Le 14 juillet 2016, un homme à bord d'un camion a foncé sur la foule réunie sur la promenade des Anglais pour assister au feu d'artifice du 14-Juillet. Il a tué 86 personnes avant d'être stoppé et abattu par les forces de l'ordre. Parmi les victimes, le mari de Véronique Marchand renversé par le véhicule. Deux ans après l'attentat, si elle estime que certaines choses ont avancé, elle attend toujours des réponses à ses questions. 

"Il y a quand même deux personnages principaux qui n’ont pas été entendus, pourquoi? (...) Ce ne sont pas des surhommes qui sont au-dessus de tout, ils doivent tout simplement nous rendre des comptes. S'ils n'ont rien à se reprocher, je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas là pour répondre à nos questions", insiste cette femme.

Manque d'anticipation?

La sécurité autour du 14-Juillet avait provoqué une large polémique quelques heures à peine après l'attentat sur la promenade des Anglais. Christian Estrosi, alors premier adjoint, avait mis en cause les manquements de l'Etat. Le ministère de l'Intérieur lui avait répondu, estimant que "la police nationale était très présente" ce soir-là. Pour Stéphane Herbs, qui a perdu sa femme dans l'attentat, il y a clairement des interrogations concernant la prise en compte de la menace.

"Pour moi ça n’a pas été anticipé, maintient-il. Ce qui est paradoxal, c’est que pour les précédents événements, M. Pradal avait d’ailleurs communiqué dans la presse, il y avait énormément de sécurité de déployée.(...) Et cette année-là, il n’y avait rien. C’est complètement incompréhensible."

Joint par BFMTV, les élus de la ville de Nice disent se tenir à la disposition de la justice. Ils souhaitent être entendus par la justice afin de participer à la manifestation de la vérité.

J.C.