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Millas: les radars n'auraient "pas empêché" l'accident, selon Guillaume Pepy

Un rapport de la SNCF a été rendu la semaine dernière sur l'accident de Millas dans lequel 6 enfants ont perdu la vie. Le président de l'entreprise ferroviaire refuse de s'exprimer sur les causes du drame estimant que "la vérité doit être judiciaire".

"La vérité doit être judiciaire." Le président de la SNCF a refusé de s'exprimer ce mardi sur les causes qui ont conduit à l'accident entre un car scolaire et un TER au début du mois de décembre à Millas, dans les Pyrénées-Atlantiques. Estimant que les éléments de l'enquête doivent être communiqués par les autorités judiciaires, et ce, alors que la SNCF a rendu la semaine dernière un rapport aux enquêteurs.

"Ce rapport ne porte pas sur les causes de cet accident, a insisté sur BFMTV et RMC le patron de l'entreprise ferroviaire. La SNCF ne s’est pas exprimée et ne s’exprimera pas sur les causes de cet accident."

"Neuf minutes de retard"

Le 14 décembre, un TER a percuté un car scolaire sur un passage à niveau à Millas. Six collégiens ont été tués dans la collision. L'enquête doit notamment déterminer si la conductrice de l'autocar s'est engagée sur les voies de chemin de fer alors que les barrières étaient fermées ou non. Les témoignages divergent sur cette version. "Tout fonctionnait parfaitement", a assuré Jehanne Collard, l'avocate de familles de victimes, livrant les premiers éléments de ce rapport.

Guillaume Pepy doute que l'avocate ait pu consulter ce rapport mais confirme que le TER qui a percuté le car scolaire avait "neuf minutes de retard". "Heureusement, le système des passages à niveau est fait pour anticiper (...), poursuit le président de la SNCF. Quelle que soit les responsabilités ce drame est tellement important je le vis comme une sorte d’injonction de trouver des meilleures solutions pour sécuriser la traversée des bus aux passages à niveau."

Des radars qui n'auraient pas empêché le drame

"Il faut sans doute multiplier les feux rouges devant les passages à niveau pour renforcer l'obligation de s'arrêter, il faut mettre des radars pour sanctionner ceux qui, malgré la sonnerie, essaient de passer le passage à niveau", détaille Guillaume Pepy. Actuellement, des radars volumétriques, qui peuvent repérer si une voiture se trouve ou non sur un passage à niveau et avertir le conducteur du train, sont testés à six endroits par SNCF Réseau sous l'impulsion d'une association de victimes de l'accident d'Allinges dans lequel 7 collégiens étaient morts en 2008.

Avant de conclure, amèrement: "La vérité, c'est que ça n'aurait pas empêché le drame de Millas parce que les événements sont concomitants, c'est-à-dire que le car s'engage au moment même où le train arrive."

J.C.