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Marche blanche pour les policiers tués: "Ça nous fait du bien de se sentir soutenus"

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Une marche blanche s'est élancée ce jeudi matin à Mantes-la-Jolie, en hommage aux deux policiers tués lundi soir à Magnanville. Plus de 2.500 policiers et citoyens ont répondu présents.

Sur plusieurs kilomètres, ils ont marché, en silence, avec des fleurs à la main ou des t-shirts blancs sur lesquels des photos étaient imprimées. Policiers en civil et citoyens ont rejoint en nombre la marche blanche qui se tenait ce jeudi matin à Mantes-la-Jolie, en hommage aux deux policiers assassinés à leur domicile de Magnanville lundi soir. Plus de 2.500 personnes au total ont arpenté les rues de la ville.

Ce moment de recueillement était organisé à l’initiative des collègues des deux policiers tués, Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, et devait se terminer devant leur domicile. Leurs collègues, en tête de cortège, ont été rejoints par des policiers venus de tout le département des Yvelines, mais aussi de Paris. De nombreux citoyens anonymes et en particulier des habitants de Mantes-la-Jolie ont aussi répondu à cet appel et sont venus exprimer leur solidarité. 

"On est tous solidaires"

Dans les commissariats, la consigne a été donnée d’autoriser le plus de gens possible à se joindre à cette marche. Alexandre Langlois s’y serait rendu lui aussi s’il n’était venu témoigner sur le plateau de BFMTV. Il a dit son émotion, devant ces images de solidarité: "Ça nous fait du bien de se sentir soutenus par la population", a-t-il déclaré.

Le fonctionnaire a aussi témoigné de l’inquiétude de ses pairs, qui se sentent désormais menacés jusqu’à leur domicile. "Avec les collègues, on est toujours soudés, on travaille ensemble sur des situations difficiles, on vit des choses pas faciles donc on a un esprit de corps très développé, on est tous solidaires de tout ce qui se passe et là, on voit qu’on n’est pas que des policiers, on est des êtres humains", a-t-il ajouté.

Manque d'informations des policiers

Dans le cortège, un commandant de police, ami de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, a aussi regretté que les policiers ne soient pas alertés sur les profils dangereux identifiés dans leur secteur. "Celui qui a commis ça, nous ne savions pas qu’il était ciblé, qu’il était fiché comme étant un terroriste potentiel", a-t-il déclaré à propos de Larossi Abballa, responsable du double-meurtre de lundi soir.

"Le problème, c’est que la communication avec les services spécialisés ne se fait pas, certes dans un souci de discrétion, mais là, nous avons très certainement des gens qui, sur notre secteur, sont ciblés comme des potentiels terroristes. Nous ne les connaissons pas", a-t-il poursuivi.

Hommage national

Malgré ces inquiétudes, c'est le sentiment de solidarité qui a prévalu lors de cette marche. "On a des amis, des parents qui ne sont pas tous policiers, on est intégrés plus loin que notre mission de policiers, on fait vraiment partie de la société civile avec un engagement plus fort, au service de tous. Là, ce matin, c’est vraiment le mot fraternité qui est bien retranscrit, on est tous solidaires", s’est félicité Alexandre Langlois sur BFMTV.

Après la minute de silence observée mercredi au ministère de l'Intérieur et la marche blanche organisée ce jeudi, un hommage national se tiendra vendredi à Versailles, en présence de François Hollande.