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Le moine pris pour Xavier Dupont de Ligonnès témoigne

Le monastère de Roquebrune-sur-Argens a été fouillé de fond en comble.

Le monastère de Roquebrune-sur-Argens a été fouillé de fond en comble. - Valery Hache - AFP

Le 9 janvier, la police judiciaire de Nantes, appuyée par celle de Toulon, a mené une opération dans un monastère à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Deux fidèles avaient témoigné après avoir cru voir Xavier Dupont de Ligonnès, le père accusé du meurtre de sa famille, lors d'une messe dans cette institution religieuse.

Il a été confondu avec l'un des hommes les plus recherchés de France. Le frère Jean-Marie Joseph a été pris pour Xavier Dupont de Ligonnès par deux fidèles, venues témoigner auprès des autorités, déclenchant il y a une semaine une vaste opération policière au monastère de Roquebrune-sur-Argens dans le Var. "C'est moi, d'après les policiers, que l'on a pris pour ce monsieur", raconte-t-il à LCI.

S'il convient que certains éléments peuvent concorder, comme la taille où l'âge, le frère Jean-Marie Joseph insiste. Pour le reste, il n'a rien en commun avec celui que l'on soupçonne d'avoir tué sa famille. "J’ai des lunettes, certes. J’ai les cheveux coupés à ras et plutôt blancs disons que bruns… J’ai un frère de communauté, dans un autre couvent, qui lui ressemblerait davantage", s'amuse-t-il.

Intervention dans la messe matinale

Le 9 janvier dernier, la police judiciaire de Nantes, appuyée par celle de Toulon et des hommes de l'Office central pour la répression des violences aux personnes se sont rendus au monastère de Roquebrune-sur-Argens, après avoir recueilli le témoignages de deux fidèles croyant avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011. C'est d'ailleurs dans cette commune du Var que le père de famille a été repéré pour la dernière fois.

Pendant près de quatre heures, les vingt policiers ont fouillé méticuleusement l'ensemble de l'institution religieuse. Les fonctionnaires sont arrivés au moment de la messe matinale ouverte au public. "Assis sur un banc au fond de la salle", ils ont attendu la fin de la cérémonie religieuse pour intervenir. "Tout était bien quadrillé", raconte le frère Jean-Marie Joseph, qui à ce moment ne sait pas que c'est lui qui est l'objet de cette méprise. "Je n’en ai vu que dix (policiers, NDLR). Les autres étaient bien répartis dans le domaine, pour vérifier qu’il n'y ait pas d'intrus qui sorte brusquement, je suppose". 

Appel à se dénoncer

Méthodiquement, les policiers, "très courtois", ont fouillé le rez-de-chaussée puis les étages, les lieux de vie commune et ensuite l'ermitage où logent certains moines ayant choisi de vivre reclus. Créant ainsi quelques désagréments. "Certains frères étaient présents, un était en retraite, l’autre était malade, je les ai dérangés", déplore le frère Jean-Marie Joseph. L'ensemble du monastère a été passé au peigne fin, en vain. Déjà présent lors des premiers signalements en 2011 de la présence de Xavier Dupont de Ligonnès dans la région, Jean-Marie Joseph regrette la proportion que les vérifications de ce début d'année ont pris ainsi que la forte présence des journalistes.

Après ce dérangement matinal, la vie a repris au monastère Saint-Désert-des Carmes, où certains moines ont fait voeux de silence. Ce n'est que dimanche qu'ils ont abordé cette vaste opération policière. Avec le sourire. "Il n’y avait ni Dupont de Ligonnès, ni sosie chez nous", rappelle, encore à LCI, le moine.

"Je ne peux pas concevoir que l’on puisse cacher une personne recherchée par la police. Je ne peux pas être complice. S’il se présentait ici, je l’inviterais à se dénoncer", conclut-il.

J.C.