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Le lycéen au nez cassé veut "comprendre pourquoi" il a été frappé par un policier

Un policier de 26 ans est poursuivi pour avoir frappé un lycéen, qui témoigne de son traumatisme

Un policier de 26 ans est poursuivi pour avoir frappé un lycéen, qui témoigne de son traumatisme - Capture Youtube

Il a toujours du mal à respirer et ses nuits sont agitées. Le lycéen parisien frappé lors d'une manifestation contre la loi Travail par un policier, dont le procès s'est ouvert ce jeudi, témoigne de son traumatisme. Le parquet a requis jeudi six mois de prison avec sursis à l'encontre du policier. L'adolescent âgé de 15 ans n'a toujours pas pu être opéré du nez.

Il va "un peu mieux". Le lycéen parisien frappé en plein visage par un policier lors d'une manifestation contre la loi Travail au mois de mars dernier s'est confié à France info. Mais Adam -son nom a été changé afin de préserver son anonymat- a toujours du mal à respirer. Le garçon a repris les cours en septembre, dans ce même lycée Bergson du 19e arrondissement de Paris où, quelques mois plus tôt, immobilisé par deux représentants des forces de l'ordre, un gardien de la paix lui a cassé le nez. Un coup qui l'avait projeté au sol.

Ce jeudi, Adam a dû faire face à ce policier, alors que le procès de ce dernier s'est ouvert au tribunal correctionnel de Paris. Le fonctionnaire âgé de 26 ans est poursuivi pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Placé en garde à vue, il avait reconnu face à l'IGPN "avoir usé à tort d'une force disproportionnée", selon Libération. Il risque trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Jeudi après-midi, le parquet a requis six mois de prison avec sursis à son encontre. Voulant croire que le fonctionnaire de police, âgé de 26 ans, était "conscient de la gravité de son geste", le procureur a proposé au tribunal de ne pas inscrire sa condamnation à son casier judiciaire.

"Ces images sont choquantes"

La scène avait été filmée et relayée sur les réseaux sociaux. Les images avaient suscité une forte émotion, jusqu'au ministre de l'Intérieur.

"Ces images sont choquantes et m'ont choqué car elles ne correspondent pas à l'image que l'immense majorité des policiers de France se font de leur mission", avait réagi Bernard Cazeneuve.

Adam, âgé de 15 ans, ne peut toujours pas être opéré. "Je dois d'abord attendre d'avoir fini ma croissance", a-t-il précisé à la radio. L'adolescent scolarisé en classe de seconde n'a pas voulu revoir les images, qui lui "rappelleraient des mauvais souvenirs". Mais il se souvient "très bien" du "policier et de son poing" et de sa "chute par terre". Le lycéen reste marqué par l'incident: il lui arrive de se "bloquer" lorsqu'il croise des policiers.

"Il a le regard figé parfois"

Pour le père du garçon, son fils n'est plus le même. 

"Il a changé complètement, il a le regard figé parfois", témoigne-t-il sur France info. "Quand on lui demande, il nous dit que ça va. Mais nous, on voit que ça ne va pas. On a peur qu'il se passe quelque chose après."

Si Adam, qui évoquait peu après les faits son "sentiment d'injustice" à BFMTV, est allé voir un psychologue, le traumatisme est toujours là. "Il a quelque chose en lui. (...) La nuit, il ne dort pas bien, il se réveille, on le retrouve parfois dans le couloir. Vraiment, ça m'inquiète", se soucie son père. L'adolescent, de son côté, assure ne pas attendre "grand-chose" du procès.

"Si, juste une chose, précise-t-il. J'aimerais comprendre pourquoi il a fait ça. Après, je passerai à autre chose." 

Céline Hussonnois-Alaya