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Violences policières au lycée Bergson: le policier reconnaît avoir "usé d'une force disproportionnée"

Capture d'écran de la vidéo montrant un lycéen frappé par un policier

Capture d'écran de la vidéo montrant un lycéen frappé par un policier - Youtube

D'après un rapport de l'IGPN, le policier qui a frappé un jeune manifestant devant le lycée Bergson, à Paris, a reconnu avoir fait un usage "disproportionné" de la force. La police des polices a aussi enquêté sur un autre cas de violence policière.

"Il m'a foncé dessus", décrivait pour BFMTV le jeune manifestant frappé par un policier devant le lycée Bergson. Le 24 mars dernier, une vidéo montrant une scène de violence en marge du mouvement anti-loi Travail avait provoqué une vive émotion. "Ces images sont choquantes", avait réagi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Dans la foulée, une enquête de l'IGPN (l'Inspection générale de la police nationale) a été ouverte. 

Le policier se justifie avant d'avouer

Libération publie ce mardi, des éléments du rapport d'enquête de la police des polices et révèle un usage de la force disproportionné par des agents non formés au maintien de l'ordre. 

Le 24 mars, des manifestants ont bloqués l'entrée du lycée Bergson et jettent des oeufs et de la farine vers les policiers. Des renforts du commissariat du 19ème arrondissement sont dépêchés sur place. Certains policiers, d'abord en ligne face aux lycéens, se dispersent puis prennent en chasse des élèves, raconte Libération citant le rapport de l'IGPN. 

C'est à ce moment que le lycéen, âgé de 15 ans, est frappé au visage par un policier. Le policier auteur du coup assure qu'il voulait viser le "plexus", avant d'avouer qu'il a "usé à tort d'une force disproportionnée", poursuit le rapport. 

Des lycéens "arrogants"

Les résultats de l'enquête évoquent un autre cas de violences, aussi repéré sur une vidéo. Un policier en civil, visage masqué, s'en prend à un lycéen qui ne résiste pas en lui faisant une balayette. Il traîne aussi un autre jeune en le tenant par le cou, et donne des coups de matraque à d'autres qui marchaient de dos. Il admet auprès des enquêteurs un coup "involontaire" face à des lycéens "arrogants" et finit par reconnaître un geste "illégitime".

Ces agents n'étaient pas formés au maintien de l'ordre, poursuit le rapport. Des témoignages de policiers abondaient déjà dans ce sens.

Le policier auteur du coup de poing sera jugé le 10 novembre prochain, il risque trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Celui auteur des multiples coups de matraques sera jugé le 14 octobre. 

M.L.