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La place Vendôme, une cible de choix pour les braqueurs

De nombreux joailliers de luxe sont installés place Vendôme.

De nombreux joailliers de luxe sont installés place Vendôme. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Un braquage a eu lieu mercredi au palace du Ritz situé place Vendôme. Ce vol, estimé à 4,5 millions d'euros, n'est pas sans rappeler les nombreux autres qui se sont déroulés dans ce secteur, à quelques mètres du ministère de la Justice.

La place Vendôme, ses palaces, ses joailleries qui en font un haut-lieu du monde du luxe, le tout encadrant le ministère de la Justice. Ces nombreux atouts en font aussi la cible de nombreux braquages. Le dernier date de mercredi. Cinq hommes, cagoulés, gantés et munis de haches, sont entrés au Ritz, ont brisé les vitrines contenant des bijoux avant de s'en emparer. Deux malfrats ont réussi à prendre la fuite, les trois autres ont été interpellés sur place au moment où ils tentaient de fuir.

Le quartier attise les convoitises, et notamment celles les moins bonnes. Chaumet, Bulgari, Piaget, Rolex, Chanel ou encore Louis Vuitton ne sont que quelques grands noms installés place Vendôme. 2014 fut ainsi une année noire pour les professionnels de la joaillerie. En sept mois, cinq braquages en plein jour ont été commis. La valeur des butins oscillait entre 420.000 et deux millions d'euros. Le 1er mars 2016, en moins de dix minutes, deux individus, visage découvert, exhibant arme et grenade, sont repartis avec pour six millions d'euros de montres et bijoux.

"Je rappelle que ce genre d’objets est extrêmement prisé, ils font partie des plus volés, confirme Frédéric Ploquin, journaliste d'investigation. Ce sont les derniers biens de valeurs relativement accessibles pour les amateurs de braquage."

Patrouilles fréquentes

Après la série de braquages de 2014, la sécurité dans le quartier a été renforcée. Actuellement, quatre caméras de vidéosurveillance scruteraient la place Vendôme et trois autres seraient installées rue de la Paix, vers Opéra, et deux rue de Castiglione, vers les Tuileries, selon le site collaboratif Paris.sous-surveillance.net. Au total, le quartier en compteraient près de 50. "Nos collègues sont sensibilisés à la surveillance des établissements de luxe, complète Jean-Michel Huguet, responsable Alliance Police nationale. Il n’y a plus de véhicules dédiés à la surveillance des établissements de luxe, du fait de la baisse des effectifs sur ces arrondissements."

Et d'ajouter: "Nos collègues sont sensibilisés pour qu’ils puissent fréquemment se déplacer et surveiller ces établissements."

Les établissements de luxe ont également investi en équipement pour la sécurité et la protection. Lors de sa rénovation, le Ritz, qui a rouvert en 2016, a fait installer un système de verrouillage, qui a permis mercredi de bloquer les braqueurs, filmés par les caméras de vidéosurveillance, à l'intérieur du palace. Rideau métallique, bacs en ciment pour éviter les attaques-bélier, sas d'entrée ou encore vitrines renforcées sont autant de systèmes avec lesquels peuvent s'équiper les bijouteries.

Moins de braquages

L'année 2017 n'a pas été épargnée par les braquages, la plupart commis dans ce qu'on pourrait appeler "le triangle d'or". Ainsi, en mai, plusieurs individus, munis de haches et d'armes de poing sont repartis avec près de cinq millions d'euros de bijoux. Quelques jours plus tôt, une horlogerie de luxe, située à proximité des Champs-Elysées, avait été braquée par un homme. L'individu s'était fait remettre des montres avant de prendre la fuite. Mais l'année fût surtout marquée par l'arrestation de plusieurs suspects dans l'affaire du braquage de la starlette Kim Kardashian, en octobre 2016, dans son hôtel particulier, situé tout près de la place de la Madeleine.

Après ces différentes affaires, l'Union des bijoutiers (UBH) a demandé aux pouvoirs publics "d'assouplir l'utilisation de la vidéoprotection" et réclamé la possibilité de pouvoir "déployer plus facilement des agents de sécurité sur la voie publique".

Ces chiffres ne doivent toutefois pas masquer une réalité, celle de la baisse spectaculaire du nombre de braquages et notamment des attaques contre les bijouteries. Les braquages dans ces boutiques sont souvent spectaculaires mais sont pourtant de moins en moins visées. En 2011, on en recensait 359 contre 45 en 2016, soit huit fois moins.

Justine Chevalier