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Glyphosate: 50 plaintes déposées à Lille pour "mise en danger de la vie d'autrui" 

Une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le TGI de Lille, leur taux de glyphosate dans l'urine inscrit sur le t-shirt ou en dossard

Une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le TGI de Lille, leur taux de glyphosate dans l'urine inscrit sur le t-shirt ou en dossard - Compte Twitter de @NSedou

Cet herbicide a été classé comme "cancérogène probable" en 2015 par un organisme dépendant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La France s'est engagée à en sortir d'ici 2021.

Cinquante plaintes pour "mise en danger de la vie d'autrui" ont été déposées, ce mercredi, au tribunal de grande instance de Lille, a-t-on appris auprès des plaignants et du parquet. Ces dépôts interviennent dans le cadre d'une opération d'analyse des taux de glyphosate dans l'urine menée par l'association Campagne Glyphosate dans plusieurs villes de France. 

"Nous souhaitons alerter l'opinion publique, les magistrats et identifier les responsables", plaide Maître Guillaume Tumerelle, avocat des plaignants et de l'association Campagne Glyphosate.

"Comment ce produit se retrouve dans mon urine?"

Individuelles, ces plaintes ont été déposées collectivement contre "toute personne impliquée" dans la diffusion de l'herbicide. Elles portent également sur des faits de "tromperie aggravée" et d'"atteinte à l'environnement".

Une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le TGI de Lille. Elles arboraient le taux de glyphosate présent dans leur urine sur un t-shirt ou un dossard.

"80% de mon alimentation est bio, comment ce produit se retrouve dans mon urine?", s'interroge Tristian Fleiszerowicz, plaignant dont l'urine contient 2.05 nanogrammes par millilitre, d'après une analyse constatée par huissier. 

"En avoir, c'est déjà trop"

Le taux moyen relevé chez ces plaignants du Nord est de "0,88 nanogrammes par millilitre d'urine", indique Dominique Plancke, référent régional de Campagne Glyphosate. Les "près de 700 personnes" déjà analysées en France présentent, quant à elles, un taux moyen de "1,06", ajoute-t-il.

"Il n'existe qu'une seule limite préventive, les 0,1 ng/ml pour l'eau potable", rappelle Maître Tumerelle. Pour le plaignant Matthieu Meerpoel, professeur de droit, "en avoir, c'est déjà trop".

Les premières plaintes contre le glyphosate ont été déposées en juin à Foix, en Ariège, et transmises au pôle Santé publique du TGI de Paris. D'autres plaintes ont aussi été déposées à Rennes, en novembre, et à Toulouse, en février.

Clémentine Piriou avec AFP