BFMTV

Gilets jaunes: quelle sécurité à Paris pour samedi?

La semaine dernière, 4.600 policiers étaient mobilisés à Paris.

La semaine dernière, 4.600 policiers étaient mobilisés à Paris. - AFP

Alors qu'un "Acte 4" des gilets jaunes a été lancé sur les réseaux sociaux pour samedi, le gouvernement cherche à anticiper les débordements et violences. Alors que le ministre de l'Intérieur a appelé les "raisonnables" à ne pas se rendre à Paris, les autorités ne souhaitent pas communiquer sur le dispositifs de sécurité.

"Rdv samedi 8/12 sur Paris. Lieu: communiqué au dernier moment." A cet appel des gilets jaunes et ce mystère sur le lieu de rassemblement pour "l'Acte 4", le gouvernement oppose une discrétion sur le dispositif de sécurité prévu pour l'événement. Entendus par la commission des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat après les violences de samedi dernier, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d'Etat, Laurent Nunez, ont d'ailleurs demandé aux "gilets jaunes raisonnables" de ne pas se rassembler samedi à Paris.

Samedi dernier, les forces de l'ordre ont procédé à des centaines d'interpellations qui ont donné lieu à 383 gardes à vue. Un chiffre jamais atteint, selon le ministre de l'Intérieur, mais qui ne masque pas, les images de violences. Saccage de l'Arc de Triomphe, voitures incendiées, magasins pillés... Pour éviter que se réitèrent ces scènes de "guérilla", les syndicats de police ont été reçus mardi au ministère de l'Intérieur pour tenter de préparer, au mieux, un dispositif impliquant CRS, gendarmes mobiles, effectifs de la préfecture de police de Paris. La mobilisation de l'armée est également à l'étude pour assurer la protection des bâtiments symboliques.

D'avantage d'interpellations

Le premier reproche apporté au dispositif de samedi dernier était le manque de mobilité des membres des forces de l'ordre. Outre la protection des périmètres mis en place autour des lieux sensibles, comme l'Elysée par exemple, nombre d'entre eux étaient en effet affectés à la surveillance des 24 points de filtrage installés à chaque intersection entre les Champs-Elysées et les rues adjacentes. Pour samedi, aucun filtrage n'est prévu, ni de fouilles systématiques. Les autorités se sont aperçues que finalement beaucoup de personnes ont contourné ce dispositif.

Si un périmètre d'exclusion, où il sera interdit de se rendre, doit être défini d'ici samedi, la disparition du périmètre de protection qui avait été défini en haut des Champs-Elysées le 1er décembre, va libérer des policiers. Cela doit permettre de répondre à un deuxième objectif: procéder à plus d'interpellations. La consigne est de maintenir à distance les manifestants avec l'usage de gaz lacrymogènes ou de lanceur d'eau. Ce samedi, la consigne sera donnée aux forces de l'ordre d'aller plus rapidement au contact et de procéder aux arrestations.

Evénements annulés

Enfin, les effectifs de police vont être renforcés. Alors que le dispositif comportait la semaine dernière 4.600 fonctionnaires, soit un ratio de 1 policier pour 2 manifestants, ce nombre sera plus important. Déjà, de nombreux déplacements de ministres ont été annulés. Idem pour le match PSG-Montpellier qui devait se dérouler samedi. 4 compagnies de CRS vont ainsi pouvoir être mobilisées sur le dispositif de sécurité.

Une menace plane également sur la Marche pour le climat alors que Christophe Castaner s'est dit défavorable à son maintien. Une position partagée par l'ancien ministre de l'Ecologie, Nicolas Hulot. Les organisateurs de l'événement ont annoncé que la marche aurait bien lieu. La préfecture de police de Paris a demandé au Téléthon de déménager son studio installé place de la Concorde en prévision du week-end de mobilisations.

Justine Chevalier