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Violences à Paris: les CRS ne souhaitaient pas "aller au contact des manifestants"

L'objectif des forces de l'ordre était de ne pas blesser les manifestants. Samedi, ils ne sont pas aller au contact et ont tenté de les repousser avec des dispositifs d'éloignement comme les canons à eau ou les grenades lacrymogènes.

Les CRS ont utilisé près de 10.000 grenades pour repousser les manifestants, samedi à Paris. Ce chiffre impressionnant en dit long sur l’intensité des violences urbaines qui ont émaillé l’"acte 3" de la mobilisation des gilets jaunes. Souvent pris en étau par des casseurs et assaillis de jets de projectiles, les CRS ont eu recours aux canons à eau, grenades et gaz lacrymogènes pour faire reculer les manifestants vindicatifs. Ont-ils reçu des consignes de modération ? 

"Les consignes de modération sont édictées par les autorités. A partir du moment où on voit qu’on utilise plus de 10.000 grenades, ça sous-entend effectivement qu’on ne souhaite pas aller au contact. On ne voulait pas qu’il y ait d’affrontement avec les manifestants pour éviter de les blesser", explique Thomas Toussaint, délégué du pôle national CRS de l’UNSA police.

Mais cette méthode de maintien de l’ordre présente des failles: "Quand il n’y a pas de contact, on a du mal à gérer les casseurs", précise à BFMTV.com Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA police, alors que les échauffourées ont fait 133 blessés à Paris, dont 23 parmi les forces de l'ordre.

Faire cesser le trouble à l'ordre public 

Alors, Thomas Toussaint l’assure, si un "acte 4" a lieu samedi 8 novembre, comme annoncé sur les réseaux sociaux, la riposte des forces de sécurité sera différente: "On sera en mesure d’aller au contact et de faire cesser le trouble à l’ordre public." 

Au nom de l’UNSA police, Philippe Capon demande même que cette nouvelle manifestation soit interdite par la préfecture. De cette manière, "si des individus viennent manifester malgré l’interdiction, nous pourrons procéder à un contrôle d’identité et à une interpellation, si nécessaire", explique-t-il. 

Ambre Lepoivre