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Financement libyen: l'enquête contestée sur Nicolas Sarkozy validée par la justice

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 12 décembre 2017 à l'Elysée

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 12 décembre 2017 à l'Elysée - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La cour d'appel de Paris a rejeté les recours déposés par la défense de l'ancien président de la République pour faire annuler les investigations sur les soupçons portant sur le financement de sa campagne.

L'enquête se poursuit. La cour d'appel de Paris a validé ce jeudi matin les investigations sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. L'ancien président de la République et plusieurs de ses proches, visés par l'enquête, avaient déposé plusieurs recours.

L'enquête a été ouverte en 2013, deux ans après des accusations portées par le fils de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, qui évoque un financement du régime. En 2012, le site d'information Mediapart publiait une note des services secrets libyens tendant à prouver que le financement s'élevait à 50 millions d'euros remis au camp Sarkozy peu avant le début de la campagne.

Valises de billets

La même année, interrogée par le juge Van Ryumbeke dans une autre affaire, l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine avait également affirmé que le régime libyen avait financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Il a affirmé avoir remis trois valises de billets au ministère de l'Intérieur. Le parquet de Paris avait alors ouvert une information judiciaire contre X des chefs, notamment, de "corruption" et de "trafic d'influence".

Ziad Takieddine, comme l'ancien chef des services secrets libyens ont mis en cause Claude Guéant dans cette affaire. Lors d'une perquisition, les enquêteurs avaient découvert un versement de 500.000 euros depuis l'étranger sur un compte bancaire du directeur de cabinet puis secrétaire général de la présidence sous Nicolas Sarkozy. Le principal intéressé s'est toujours défendu en affirmant que l'argent provenait de la revente de deux tableaux flamands.

Immunité présidentielle

D'autres éléments sont venus appuyer les soupçons de la justice, qui tente, notamment, de déterminer si Nicolas Sarkozy était au courant de ces versements. Ziad Takieddine, condamné depuis pour diffamation, avait assuré publiquement avoir remis l'argent à Claude Guéant, lorsqu'il était directeur de cabinet à Beauvau, parfois en présence du ministre d'alors, Nicolas Sarkozy. Dans un carnet appartenant à un ancien dignitaire libyen mort en avril 2012 ont été retrouvées des inscriptions recensant plusieurs versements occultes au bénéfice du candidat pour une somme de 6,5 millions d'euros.

En mars 2018, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illicite de campagne électorale" et "détournement de fonds publics libyens". L'ancien président a contesté cette enquête, estimant qu'une partie des faits qui lui sont reprochés sont soumis à l'immunité présidentielle. L'affaire devrait, selon lui, être jugée par la Cour de justice de la République. Après le rejet de ses recours par la cour d'appel, l'ancien président peut encore se pourvoir en cassation.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV