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De l'argent libyen derrière la vente des tableaux de Guéant?

L'argent de Claude Guéant vient-il de Libye? C'est ce qu'affirme Mediapart.

L'argent de Claude Guéant vient-il de Libye? C'est ce qu'affirme Mediapart. - AFP

Le virement de 500.000 euros perçu par l'ancien secrétaire général de l'Elysée après la vente de deux tableaux, aurait été effectué par un banquier lié au patron d'un puissant fonds d'investissement libyen.

De nouveaux ennuis pour Claude Guéant? L'enquête sur la vente de deux tableaux de maître flamands par l'ancien ministre de l'Intérieur a fourni de nouveaux éléments. D'abord, l'argent perçu pourrait venir de Libye: selon Mediapart, le banquier chargé de la transaction - d'un montant de 500.000 euros - n'était autre que Wahib Nacer. Celui-ci se trouve être également le gestionnaire de fortune de Bachir Saleh, patron du fonds d'investissement libyen en Afrique et ancien secrétaire particulier de Mouammar Kadhafi. 

Autre élément nouveau de l'enquête: avant de transiter par la Malaisie, d'où viendrait l'acheteur des tableaux, les 500.000 euros perçus par Claude Guéant auraient été virés d'un compte ouvert à Djeddah, en Arabie Saoudite, au nom d'un riche Saoudien, Khalid Bugshan. Or ce dernier affirme n'avoir jamais entendu parler de Claude Guéant. Mais sa fortune est gérée par Wahib Nacer, le même banquier qui a effectué la transaction pour l'ancien ministre. Fin mars, son bureau a d'ailleurs été perquisitionné.

Des tableaux sans prix d'achat ni facture

Claude Guéant, mis en examen le 7 mars dernier pour "faux et usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée" pour avoir notamment "organisé la vente fictive de deux tableaux (…) prétendument détenus depuis plus de douze ans", affirme que les 500.000 euros proviennent de la vente de ces deux tableaux.

Mais selon un expert cité par Le Canard enchaîné en mars, les deux tableaux ont été vendus à une valeur très supérieure à celle de la cote de l'artiste. Devant les juges du pôle financier, Claude Guéant aurait eu des difficultés à justifier la possession de ces deux tableaux. Il ne se souviendrait ni de leur prix d'achat, ni de l'antiquaire qui lui aurait vendu, et n'aurait pas non plus de facture, selon le site d'investigation.

Une certitude: le 4 janvier 2008, avant le règlement des tableaux, Claude Guéant signe la promesse d'achat d'un appartement dans le 16e arrondissement. Le 30 janvier, les "instructions" d'un mystérieux client anonyme lui sont communiquées par un avocat malaisien: il souhaite acheter les "antiquités". Le 3 mars, Claude Guéant touche 500.000 euros. Deux semaines plus tard, il achète un appartement comptant, d'une valeur de 717 500 euros.

L'enquête autour de la vente des tableaux est née d'accusations de dignitaires kadhafistes qui ont affirmé à partir de 2011, sans apporter de preuve, que Nicolas Sarkozy avait bénéficié d'un financement de la Libye de Kadhafi pour sa campagne 2007. Une affirmation démentie en 2012 par l'ancien chef de l'Etat.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV