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Fabrice Arfi de Mediapart: "Nicolas Sarkozy a lâché Claude Guéant"

Fabrice Arfi, invité de BFMTV, ce vendredi matin

Fabrice Arfi, invité de BFMTV, ce vendredi matin - BFMTV

Mis en examen dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen pour sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a contre-attaqué, jeudi soir, au JT de TF1. Fabrice Arfi, de Mediapart, était notre invité ce vendredi matin.

Nicolas Sarkozy a contre-attaqué, jeudi soir, sur le plateau de TF1. Mis en examen dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen, l'ancien président de la République a notamment promis de faire "triompher" son "honneur", en se présentant comme une victime de "l'ignominie" de la "bande de Kadhafi" et de Mediapart.

Une défense qui n'a guère convaincu Fabrice Arfi, qui a co-dévoilé l'affaire en 2011, invité de BFMTV et RMC ce vendredi matin.

"C'est fini, il a perdu, il essaye de refaire le match devant l'opinion publique, mais c'est fini", commente tout d'abord le responsable du pole enquête de Mediapart

Avant de revenir, point par point, sur les arguments remis en cause par l'ancien homme fort de la droite. "Tout est faux dans ce que dit Nicolas Sarkozy", affirme le journaliste, ajoutant que son site d'investigation a "publié 60 articles documentés depuis 2011" et qu'il n'en retire "pas une virgule".

Claude Guéant et son coffre-fort

Ce que note notre invité, en revanche, c'est le changement d'attitude de Nicolas Sarkozy à l'égard d'un de ses proches, lui aussi mis en cause dans l'enquête. "Hier soir, Nicolas Sarkozy a lâché Claude Guéant", estime Fabrice Arfi. "Il a dit: 'il aura à répondre de ce qu'il a fait, non pas en tant que collaborateur de Nicolas Sarkozy, mais en tant que Claude Guéant'".

"Trois mois après la visite de Mouammar Kadhafi, en mars 2008, on sait que Claude Guéant s'est acheté un appartement à Paris derrière l'Arc de Triomphe", ajoute Fabrice Arfi, s'appuyant sur des bordereaux bancaires pour l'affirmer. Le journaliste revient ensuite sur un élément troublant de l'enquête, "l'anecdote du coffre-fort de Claude Guéant".

"Alors qu'il était le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy", raconte le journaliste d'investigation, et juste après les remises présumées de valises remplies d'argent, "Claude Guéant ouvre dans la foulée une chambre forte à l'agence bancaire Opéra de la BNP à Paris". Une chambre forte si grande qu'un homme peut entrer dedans, selon notre invité.

"Il s'y rendra sept fois durant la campagne présidentielle. Et cette chambre forte ne servira que durant cette période."

Toujours selon Fabrice Arfi, interrogé à ce sujet, Claude Guéant aurait expliqué qu'il y stockait les discours du Nicolas Sarkozy. Des explications qui n'auraient pas convaincu les policiers, les documents en question étant disponibles sur l'intranet du site de la campagne du candidat de l'époque.

Jé. M.