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Evasion d'un détenu à Tarascon: le dispositif de sécurité en question

Ce lundi, un détenu incarcéré pour des faits de vol aggravé, s'est évadé lors de son transfert vers le tribunal de grande instance de Tarascon. L'homme, âgé de 27 ans, était escorté par trois agents. Le syndicat FO pénitentiaire dénonce les lacunes du dispositif de sécurité.

Ce lundi, un détenu a pris la fuite lors de son transfert de la prison de Béziers vers le tribunal de grande instance de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. Vers 8h30, les agents pénitentiaires qui l'accompagnaient ont été agressés par un commando de deux hommes armés. L'un a été frappé à coups de crosse, les deux autres ont essuyé des coups de feu émanant notamment d'un fusil d'assaut.

Le procureur de la République fait état d'une opération minutieusement préparée et d'une "détermination absolue" pour faire évader leur comparse multirécidiviste. L'homme, âge de 27 ans, est déjà connu des services de police pour des faits de droit commun, notamment pour trafic de stupéfiants, vol aggravé, vol en bande organisée et vol avec arme. Alors, le niveau de sécurité de son escorte était-il suffisant?

"Niveau de surveillance normal"

Le suspect est présenté comme un délinquant d’habitude, avec quatorze mentions à son casier judiciaire. "Il était en train de monter sur l'échelle de la délinquance puisqu'il était mis en examen dans plusieurs dossiers d'instruction, à Tarascon et à Nîmes", a détaillé ce lundi le procureur Patrick Desjardins lors d'une conférence de presse. Il était par ailleurs écroué depuis le 26 septembre 2017 pour vol avec arme.

Pour autant, le jeune homme n'était pas identifié comme "détenu particulièrement surveillé" (DPS) et bénéficiait donc d'un "niveau de surveillance normal", encadré par trois agents pénitentiaires: deux agents pénitentiaire et un chef d'escorte, selon les précisions du magistrat. Un niveau de sécurité insuffisant aux yeux du représentant syndical, Yoann Karar, qui dénonce des lacunes liées à des questions financières.

"On se retrouve avec trois agents pour escorter un détenu multirécidiviste, notamment pour association de malfaiteurs, donc on sait qu'il peut avoir du soutien à l'extérieur. Malheureusement, la politique chez nous c’est de dévaluer les missions extérieures en mettant le moins de personnel possible lors des escortes", tance Yoann Karar, secrétaire général adjoint du syndicat FO pénitentiaire.

Selon lui, "la sécurité n’est pas la priorité, ce qui compte c'est le coût que les escortes représentent", déplore-t-il.

"Talon d'Achille de l'administration"

En principe, le niveau d'escorte est calqué sur la dangerosité du détenu. La mesure de sécurité minimale vaut pour les détenus qui adoptent un comportement correct en prison, dont la libération est proche et qui sont bénéficiaires d’une autorisation pour sortir. Une surveillance plus stricte est mise en place pour les détenus au comportement agressif, inculpé pour des actes criminels et dont la date de libération est lointaine. C'est le cas de l'homme qui s'est évadé ce lundi. Enfin, le stade de surveillance le plus élevé concerne les DPS. Dans ce cas, des forces de police peuvent intervenir en renfort des agents pénitentiaires pour encadrer l'escorte. C'était notamment le cas pour les transferts de Salah Abdeslam.

"Malheureusement, les escortes pénitentiaires sont un peu le talon d'Achille de l'administration", regrette Yoann Karar qui rappelle que vendredi 25 janvier un détenu avait déjà tenté d'égorger un surveillant avec une lame de rasoir à Angers.

Sarah-Lou Cohen avec Ambre Lepoivre