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Essonne: le bébé rom a été inhumé à Wissous

Maria Francesca a été inhumée à Wissous, dans l'Essonne, lundi 5 janvier 2015.

Maria Francesca a été inhumée à Wissous, dans l'Essonne, lundi 5 janvier 2015. - BFMTV

Après deux jours de polémique sur le lieu où elle pourrait être inhumée, Maria Francesca, décédée à deux mois et demi, a finalement été enterrée ce lundi à Wissous, dans l'Essonne.

Devenu en deux jours un symbole des discriminations, le bébé rom décédé dans l'Essonne au lendemain de Noël a été inhumé lundi dans une commune voisine de Champlan, la petite ville accusée d'avoir refusé de l'accueillir dans son cimetière, ce que conteste son maire.

L'inhumation du petit cercueil blanc s'est déroulée aux alentours de 13 heures, ce lundi, au cimetière de Wissous, à sept kilomètres de Champlan. Deux heures plus tôt, une cérémonie religieuse avait été organisée à Massy. La mère du bébé, recouverte d'un voile blanc, est arrivée en larmes, soutenue par des proches.

Une centaine des personnes étaient présentes: des Roms, des associatifs et des élus, dont le maire UMP de Wissous, Richard Trinquier, et le président PS du conseil général de l'Essonne, Jérôme Guedj, qui a expliqué "ne pas se reconnaître" dans "la décision malheureuse" du maire divers-droite de Champlan, Christian Leclerc.

Les obsèques à Champlan refusées

"A aucun moment je ne me suis opposé à cette inhumation", a affirmé ce dernier dimanche, après vingt-quatre heures de silence. Il évoque "une erreur de compréhension dans la chaîne de décision" et se dit "laminé" par cette affaire. Il a envoyé un message de condoléances et d'excuses à la famille, dans un communiqué diffusé dimanche soir, dans lequel il dit même souhaiter que l'inhumation de la petite fille "puisse avoir lieu dans la commune de Champlan", une proposition rejetée par la famille.

L'indignation autour de cette affaire a enflé tout le week-end, de la part d'élus et d'associations. Certains ont avoué leur "honte", d'autres ont parlé de "racisme". Interrogé sur France Inter, François Hollande a déclaré refuser que la France "s'en (prenne) à l'autre comme ça s'est passé dans ce cimetière". Le Premier ministre Manuel Valls a évoqué "une injure" à la "mémoire" du bébé décédé, Marine Le Pen un "défaut d'humanité". Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, "bouleversé", a annoncé qu'il se saisissait "d'office" et lançait dès lundi des "investigations".

Dans la nuit de dimanche à lundi, la mairie de Champlan a été recouverte de peinture rose et l'un de ses murs a été tagué: "Lecler (sic), Valls, même racisme d'Etat !!". L'inscription a depuis été effacée.

A. D. avec AFP