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EN DIRECT - Traque dans les Cévennes: les gendarmes "convaincus" que le suspect "n’est pas très loin"

EN DIRECT - Traque dans les Cévennes: les gendarmes "convaincus" que le suspect "n’est pas très loin"

Philippe Ott, le 13 mai 2021

Plus de 48 heures après le double assassinat survenu dans le Gard, un homme de 29 ans est toujours recherché par les autorités dans une zone difficile d'accès, bien connue de ce dernier. Peu après la mi-journée, des coups de feu ont été entendus.

"Les habitants de Saint-André-de-Valborgne sont angoissés", selon le maire

"Les habitants de Saint-André-de-Valborgne sont angoissés", observe à l'antenne de BFMTV le maire de la commune, Régis Bourelly.

"Ils sont fermés à double-verrou et ils ont peur. Ils attendent que ça se termine, mais la situation ne se présente pas bien parce qu'aujourd'hui il court toujours et les gens se font du souci", ajoute-t-il.

"Cette communauté villageoise est très touchée"

Interrogée à notre antenne en début de soirée, Françoise Dumas, présidente de la commission de l défense nationale et députée du Gard a tenu à rendre hommage aux forces de police toujours à la recherche du fuyard et à montrer son soutien à la population locale.

"Cette communauté villageoise est très touchée, parce qu’il y a ceux qui sont endeuillés et le reste qui est très inquiet", a-t-elle indiqué.

A ses côtés, le colonel Laurent Haas, commandant du groupement de gendarmerie départementale du Gard, a fait un nouveau point rapide sur l'avancement des recherches

"On et sur une quadrilatère d’environ 15 kilomètre de côté dans un terrain de montagne qui est densément boisé, qui est parfaitement connu de notre adversaire dans lequel il s’entrainait au tir, dont il connait les recoins à en juger par ce qu’on a décelé au pistage avec les chiens."

Des photographies retrouvées au domicile du fugitif

En guise de conclusion, le procureur de la République de Nîmes a indiqué que lors des perquisitions réalisées au domicile du fugitif, des textes dans lesquels ce dernier indiquait ses récriminations ainsi que des noms avaient été saisis.

De plus, des photographies ont été retrouvées "de personnes occupant des fonctions institutionnelles, elles ont été averties."

Le fugitif n'est "pas adepte de l'idéologie survivaliste"

Jeudi en fin de journée, le procureur de la ville de Nîmes Eric Maurel est revenu sur le profil du fuyard, qui "a connu une bascule dans son comportement" ces derniers temps. Il serait ainsi venu équipé d'un gilet pare-balles sur son lieu de travail.

"C’est un homme apte à la survie en milieu hostile. Il a l’habitude de partir en montagne, de faire des randonnées en montagne. On a retrouvé dans sa documentation aucune relation avec une structure survivaliste, aucun propos démontrant qu’il avait une idéologie survivaliste. Il est apte à vivre en milieu hostile, mais pas un adepte de l’idéologie survivaliste pas plus un paramilitaire", assure-t-il, ajoutant qu'on ne lui connaissait effectivement que très peu de relations amicales.

"Clairement on va le chercher, on veut le trouver"

Lors de sa prise de parole, ce même Philippe Ott a fait montre de sa volonté, et de cette de l'ensemble des forces mobilisées sur le terrain, de retrouver le fuyard après plus de deux jours de fuite.

"Clairement on va le chercher, on veut le trouver", a-t-il martelé. "Nous sommes convaincus qu'il n'est pas très loin. Nous voulons l'empêcher de poursuivre une éventuelle course vers le Nord."

Le fuyard, "un solitaire qui n'a que très peu voire pas d'amis"

Au cours de la même conférence de presse, Philippe Ott est revenu sur le profil de l'homme de 29 ans, père d'une petite fille.

"Il est notable que cet individu s’entraînait très régulièrement au tir à longue portée avec des armes dont la plupart ont été saisies dans un cadre judiciaire. Ces armes sont assez létales et à très longues portées C’est un individu qui a voulu être tireur d’élite, aller dans l’armée, c’est un peu son milieu et son monde. C’est un solitaire qui manifestement n’a que très peu voire pas d’amis", assure-t-il.

"S’il est parti en mode léger, même si on peut boire l’eau des sources, les nuits sont froides et le temps peut faire son ouvre", ajoute-t-il encore.

"On a levé les doutes", souligne Philippe Ott

Toujours lors de sa prise de parole, le commandant du groupement de gendarmerie du Gard est revenu sur les différents appels survenus ce jeudi pour alerter de potentiels coups de feu dans une commune voisine des Plantiers.

"On a levé les doutes sur toutes les hypothèses, elles sont toutes tombées à l’eau. Nous sommes encore dans l’interrogation du scénario", a-t-il indiqué.

Les recherches se poursuivent, le fuyard a "des avantages sur nous"

Lors d'un point presse tenu en fin de journée ce jeudi, le général Philippe Ott, commandant du groupement de gendarmerie du Gard, a indiqué que les recherches se poursuivaient plus de 48 heures après le double homicide des Plantiers.

"Depuis maintenant trois journées des longues journées de recherche dans un décor complexe d’accès, nous assumons une mission qui consiste à déceler tout indice permettant d’avoir une trace de l’individu qui préoccupe, qui est armé du pistolet automatique peut-être source de l’homicide et surtout d’une arme longue suffisante pour tirer avec précision à plusieurs centaines de mètres", a-t-il indiqué.

De plus, ce dernier est également revenu sur le profil de l'homme de 29 ans.

"Il a un profil de solitaire qui laisse à penser qu’il pourrait nous attendre dans sa zone de confort, sur son terrain car il y tire en solitaire très souvent. Il a des avantages sur nous."

En outre, de nouveaux renforts devraient arriver sur zone dans les heures à venir dont "un escadron de militaire et un groupement de gendarmerie qui viennent encadrer les trois premiers."

Quel est le profil du fugitif recherché?

Le jeune homme de 29 ans est encore activement recherché par les forces de l'ordre, après avoir abattu deux personnes dans une scierie du village cévenol des Plantiers.

Lors d'une conférence de presse organisée mercredi après-midi dans la commune voisine de Saumane, dans le Gard, le procureur de la République de Nîmes Éric Maurel a appelé le fugitif à "revenir à la raison" et à "déposer les armes". Il a également décrit "un homme dont le profil inquiète les enquêteurs", dressant un portrait du ravisseur, alors qu'une enquête a été ouverte pour "assassinats".

Le procureur de la République du Gard a décrit un individu dont la "dangerosité criminologique" tend à être confirmée par son profil Facebook. Le suspect, décrit comme "un chasseur", était "inscrit dans un club de tir sportif" et "avait obtenu des licences" de port d'armes.

Ainsi, "l'auteur des faits connaît parfaitement le coin, il y habite, il le pratique et a cet avantage" sur les équipes de gendarmerie, a précisé le lieutenant-colonel Haas, commandant du groupement de gendarmerie du Gard, au cours de cette conférence de presse, décrivant par ailleurs l'assaillant comme quelqu'un de "déterminé". "C'est quelqu'un qui utilise ses armes en tant que tireur sportif donc on a des raisons de penser qu'il sait s'en servir", a-t-il commenté.

La grand-mère d'un rescapé témoigne

Il s'agit de la grand-mère d'un rescapé, un jeune homme qui a pu donner l'alerte après les deux meurtres commis dans une scierie des Cévennes. "Mon petit-fils va bien", a assuré Annie au micro de BFMTV. "Il est parti quelques jours se reposer" chez des amis.

Sa famille n'a pour l'instant pas eu l'occasion de lui poser des questions sur les circonstances du drame auquel il a assisté et dont le responsable présumé, Valentin Marcone, est toujours en fuite. Le GIGN a été dépêché sur place, dans le Gard, pour le débusquer.

"On attend que tout soit rentré dans l'ordre parce que c'est terrible, je pense, ce qu'a dû voir mon petit-fils. (...) Là il est suivi par un psychologue. (...) Je suis chez moi, je suis bien, je me repose", a-t-elle déclaré.

Le maire des Plantiers annonce avoir "exfiltré 4 familles, potentiellement ciblées"

Bernard Mounier a jugé nécessaire de les placer sous protection. Dans le Gard, où échappe toujours aux gendarmes l'auteur présumé du double meurtre des Cévennes, Valentin Marcone, le maire de la commune des Plantiers a annoncé ce jeudi avoir "exfiltré quatre familles" de leur lieu de résidence.

Il a expliqué qu'elles étaient "potentiellement ciblées", même s'il n'y a pas "obligatoirement des différends" entre elles et le fugitif.

"Je m'y étais pas intéressé jusqu'à ce soir, je découvre aussi en même temps que vous", a-t-il reconnu. Le seul différend impliquant Valentin Marcone dont il avait connaissance, c'est avec son prédécesseur à la mairie. "Ils s'étaient connus parce qu'ils étaient allés en justice. Les autres, ce sont des différends de voisinage", croit savoir Bernard Mounier.

Les enquêteurs n'excluent pas que le fugitif a pu quitter la zone de recherches

Dès les premières heures de l'enquête, les gendarmes pointaient leurs recherches sur un périmètre d'une quinzaine de kilomètres carrés, escarpés et vallonnés. Une zone bien connue du fugitif où de nombreuses cachettes sont à disposition.

Or, comme l'a indiqué auprès de BFMTV le général Philippe Ott ce jeudi matin, général de division et commandant en second de la région de gendarmerie PACA, le manque "d'indices de présence et de passage de cet individu" poussent les enquêteurs à explorer d'autres hypothèses.

"Tous les indices nous rendaient certains qu’il n’avait pas quitté la zone de recherches, qui reste prioritaire. Au fil des heures, nous avons une autre hypothèse, qu’il a quitté la zone", explique-t-il. "Il aurait quitté cette zone de confort et serait désormais plus loin", souligne encore le militaire.

Une quinzaine de coups de feu entendus

C'est en fin de matinée ce jeudi que des habitants de Saint-André-de-Valbogne, commune voisine des Plantiers, ont alerté la police après avoir entendu ce qui ressemblait à plusieurs coups de feu.

Auprès de BFMTV, un enquêteur indique que des hommes du GIGN ont été déployés pour effectuer une levée de doute. Quatre coups de feu ont été entendus dans un premier temps, puis les autres quelques temps plus tard.

"A onze heures moins le quart, mon 2e adjoint m'a informé de quatre ou cinq coups de carabine. J'ai alerté le major qui a alerté le GIGN qui sont venus sur place. On a alerté la population. Puis ma 3e adjointe m'a dit qu'elle a entendu crier dans les bois, depuis silence radio", souligne le maire de la commune, Christophe Boisson, auprès de BFMTV.

La veille, une levée de doute avait déjà été réalisée en raison de ce qui aurait pu ressembler à un bruit d'explosion.

Dans un message audio, le père du fugitif l'appelle à se rendre

Alors que la traque se poursuit dans les Cévennes, le père de Valentin Marcone appelle son fils à se rendre auprès des forces de l'ordre dans un message audio enregistré.

"J'ai la garantie qu'il n'y aura pas feu si tu te rends maintenant, mon fils fais-moi confiance": peut-on entendre dans ce message audio enregistré par le père et transmis à la gendarmerie.

"Valentin, c'est papa, je t'aime, on t'aime", dit Frédéric Marcone dans ce message à son fils de 29 ans, auteur du double meurtre dans une scierie du massif des Cévennes mardi matin.

Selon nos informations, ce sont les gendarmes qui ont demandé au père de réaliser cet enregistrement pour qu'il "revienne à la raison" s'il l'entend.

Un appel à témoins lancé pour retrouver le fugitif

Un appel à témoins a été diffusé dans la matinée ce jeudi par la gendarmerie de l'Hérault pour tenter de retrouver l'auteur présumé du double meurtre commis mardi dans une scierie de la commune des Plantiers, dans le Gard.

L'appel à témoins lancé ce jeudi pour tenter de retrouver le fugitif des Cévennes.
L'appel à témoins lancé ce jeudi pour tenter de retrouver le fugitif des Cévennes. © Gendarmerie de l'Hérault
"Valentin MARCONE, suspecté du double homicide du village des Plantiers (30) a pris la fuite. Si vous l’avez vu ou si vous avez des infos le concernant, contactez la gendarmerie du Gard au 04.66.38.67.22. Vous ne devez en aucun cas intervenir vous-mêmes", dit l'appel à témoins.

L'homme est décrit comme "sportif, de corpulence moyenne" avec des cheveux courts de couleur châtain. Il mesure 1,70 m et est porteur de lunettes. Les vêtements qu'il portait au moment de sa disparition sont un treillis vert et une veste de camouflage avec capuche.

"Susceptible d'être porteur d'une arme de poing et d'une carabine de précision, il est considéré comme dangereux", est-il également écrit sur l'appel à témoins.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV