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Double meurtre dans les Cévennes: 280 gendarmes engagés, la chasse à l'homme se poursuit

Les habitants du secteur sont appelés à rester confinés chez eux le temps des recherches.

Au lendemain du double meurtre de deux personnes dans une scierie des Plantiers (Gard), dans les Cévennes, le tireur est toujours en fuite. Le suspect, âgé de 29 ans, est un salarié de la scierie du village cévenol. Il a abattu son patron avec lequel il était en conflit, ainsi qu'un collègue qui avait tenté de s'interposer, mardi matin. L'individu a pris la fuite dans une forêt, il n'a pas encore été retrouvé.

Une fuite à pied

Il était 8 heures du matin lorsque les tirs ont éclaté. Selon le procureur de la République d'Alès, François Schneider, l'auteur des faits s'est rendu chez lui après avoir tiré, avant de s'enfuir à pied. D'après le magistrat, l'individu était connu du parquet "essentiellement pour toute une série de plaintes qu'il a déposées dans le cadre de son conflit avec l'ancien maire de la ville et ses assistants", mais il n'était "pas connu pour des violences".

L'homme avait toutefois "un comportement assez inquiétant depuis quelques temps, de type paranoïaque", a ajouté le parquetier en conférence de presse, précisant qu'il était par ailleurs tireur sportif, d'où la détention d'arme.

"Ce qui est un peu inquiétant, c'est que visiblement son profil psychiatrique qui avait l'air de dégénérer ces temps ci n'a pas servi à le désarmer", a noté mardi sur BFMTV le général de gendarmerie Jacques Morel, ancien patron de la section de recherche de Versailles.

Des cartographes et un chien Saint-Hubert

"La gendarmerie maintient un important dispositif de sécurisation sur le secteur des Plantiers. Les habitants doivent rester confinés. Les recherches se poursuivent. 280 gendarmes engagés", a écrit mardi en fin de journée la gendarmerie nationale sur son compte Twitter.

Hélicoptères dans le ciel, barrages de gendarmes au sol, GIGN, équipes cynophiles et gendarmes mobiles ont été déployés et des perquisitions effectuées mardi chez le suspect, a indiqué une source proche du dossier à BFMTV.

Une centaine d'hommes ont continué à traquer le suspect dans la nuit de mardi à mercredi, selon un porte-parole de la gendarmerie.

"Un binôme de cartographes (basés à Montpellier) aide à réaliser le quadrillage d'un terrain vaste, que continuent à survoler hélico et drones. Il reste néanmoins difficile de débusquer quelqu'un dans un secteur qu'il connaît par coeur, avec de multiples possibilités de caches", a ajouté ce porte-parole. "Dans la matinée, un chien Saint-Hubert, dont les capacités olfactives de pistage sont supérieures à celles des autres races, va être employé en complément", a encore poursuivi ce porte-parole.

Une commune "très tranquille"

Les habitants de ce petit bourg de 215 habitants aux confins de la Lozère et du Gard sont sous le choc. L'un d'eux a confié à BFMTV qu'il s'agit habituellement d'un village "très tranquille". "Tout le monde est surpris de ce qui a pu se passer, avec une personne qui était connue de tous", poursuit-il.

Mardi en fin de journée, la porte-parole de la gendarmerie nationale, Maddy Scheurer, expliquait que les forces de l'ordre tentaient encore de localiser l'individu.

"Les négociateurs sont sur place, mais on n'en est pas encore à ce stade des recherches", indiquait-elle. "Les gendarmes travaillent dans toutes les directions, toutes les éventualités sont prises en compte", avait-elle également détaillé, précisant que "de premières auditions" avaient eu lieu mardi.

"À ce stade, rien n'indique que cette personne laissait présager un passage à l'acte de ce type", a-t-elle assuré. "On a eu affaire à un passage à l'acte à la fois soudain, brutal, un acte de sang-froid", a-t-elle insisté.

Clarisse Martin et Mélanie Vecchio avec AFP