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Un chasseur qui connaît bien la zone, passionné d'armes: ce que l'on sait du fugitif recherché dans les Cévennes

Un homme a abattu, mardi matin, son patron et un collègue dans la scierie d'un village des Cévennes, avant de prendre la fuite. Cet individu de 29 ans, activement recherché par les gendarmes, présente un profil inquiétant pour les enquêteurs.

Un jeune homme de 29 ans est activement recherché par les forces de l'ordre, après avoir abattu deux personnes dans une scierie du village cévenol des Plantiers. Mardi matin, cet individu a tiré mortellement sur son patron, avec lequel il était en conflit, et sur un collègue qui s'était interposé.

Lors d'une conférence de presse organisée mercredi après-midi dans la commune voisine de Saumane, dans le Gard, le procureur de la République de Nîmes Éric Maurel a appelé le fugitif à "revenir à la raison" et à "déposer les armes". Il a également décrit "un homme dont le profil inquiète les enquêteurs", dressant un portrait du ravisseur, alors qu'une enquête a été ouverte pour "assassinats".

· Un chasseur qui connaît bien la zone

Bernard Mounier, le maire de la ville des Plantiers, a indiqué que cet homme né en 1992 n'était pas natif de la commune, mais y vivait depuis 10 ans avec son épouse, dont l'audition était encore en cours ce mercredi, et leur fille. Le procureur de la République du Gard a décrit un individu dont la "dangerosité criminologique" tend à être confirmée par son profil Facebook. Le suspect, décrit comme "un chasseur", était "inscrit dans un club de tir sportif" et "avait obtenu des licences" de port d'armes.

Ainsi, "l'auteur des faits connaît parfaitement le coin, il y habite, il le pratique et a cet avantage" sur les équipes de gendarmerie, a précisé le lieutenant-colonel Haas, commandant du groupement de gendarmerie du Gard, au cours de cette conférence de presse, décrivant par ailleurs l'assaillant comme quelqu'un de "déterminé". "C'est quelqu'un qui utilise ses armes en tant que tireur sportif donc on a des raisons de penser qu'il sait s'en servir", a-t-il commenté.

· Il rêvait d'être tireur d'élite

Les premiers éléments de l'enquête révèlent que l'homme avait eu par le passé pour projet d'entrer dans l'armée et qui n'avait pas pu en raison de "problèmes de vision". Malgré tout, il avait conservé une certaine "appétence pour les armes", selon le procureur de la République. Ce dernier a aussi évoqué sur notre antenne son "intérêt pour les questions survivalistes", en raison des élements retrouvés sur son profil Facebook et de l'équipement avec lequel il s'est enfui. "Il était équipé comme un homme qui part pour résister au froid, comme un homme qui part à la chasse", a déclaré Éric Maurel face à la presse.

Cependant, "rien ne permet à ce stade de le rapprocher du paramilitaire", a ajouté le procureur quelques minutes plus tard au micro de BFMTV. "C'est un homme qui aime les armes et s'entraîne au maniement des armes. Toutefois, le terme de paramilitaire ou survivaliste ne lui est pas approprié", a-t-il ajouté, faisant état de relations tendues avec le voisinage ou encore ses anciens collègues. Selon Éric Maurel, "il avait déposé des plaintes contre des personnes de la commune, qui ont toutes été classées sans suite par le parquet d'Alès".

· Un arsenal retrouvé chez lui

La perquisition qui a eu lieu à son domicile a permis de mettre la main sur un arsenal impressionnant d'"une douzaine d'armes et une quantité estimée à 3300 munitions de tous calibres". Les enquêteurs estiment qu'il pourrait avoir pris la fuite muni de l'arme de poing avec laquelle il a abattu les deux personnes, ainsi qu'avec une arme longue d'une extrême dangerosité.

· Des récriminations contre plusieurs personnes

Cet individu, qui avait été employé à la mairie des Plantiers dans le passé, était en proie à des conflits avec ses anciens employeurs au sein de la scierie. "Les perquisitions ont permis de mettre en évidence qu'il avait des griefs, des récriminations contre diverses personnes. Pas simplement des personnes du village mais d'autres personnes, y compris des institutionnels". Toutefois, "on ne retrouve trace d'aucune préparation du passage à l'acte, donc pas de projet construit mais simplement l'expression de griefs et de récriminations".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV