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Christophe Castaner confirme que la clé d'étranglement ne sera plus enseignée à l'école de police

Christophe Castaner à Lyon, en mai 2019. - Romain Lafabregue - AFP

Christophe Castaner à Lyon, en mai 2019. - Romain Lafabregue - AFP - -

Christophe Castaner tente à nouveau de désamorcer la colère des policiers. Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur promet de ne pas "remettre en cause" leur "présomption d’innocence", mais il assure que la technique de la clé d'étranglement a été jugée "dangereuse" et ne sera donc plus enseignée.

A l'issue de sa rencontre avec les syndicats, Christophe Castaner confirme ce vendredi soir que la clé d'étranglement ne sera plus enseignée à l'école de police, quatre jours après l'annonce de son plan de lutte contre le racisme et les violences policières durant lequel il annonçait l'interdiction de cette technique d'interpellation controversée.

Ce vendredi, les syndicats policiers attendaient que Christophe Castaner revienne sur sa décision d'interdire la clé d'étranglement. Mais celle-ci a a été "jugée dangereuse par le groupe de travail conjoint dirigé par les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales", assure le ministre. 

"Conformément aux préconisations de ce groupe de travail, cette technique, qui consiste à enserrer le cou de manière prolongée afin de réduire l’afflux d’oxygène et limiter le tonus musculaire, ne sera plus enseignée dans les écoles de police. Elle ne l’est déjà plus en gendarmerie ou dans les rangs de l’administration pénitentiaire".

"La prise arrière" toujours possible

Mais, ajoute le ministère, "cela ne remet pas en cause, dans les cas de confrontations physiques avec des individus qui opposent une résistance, la possibilité de réaliser une prise arrière de façon à amener l’individu au sol pour le menotter. Quant aux phases de maintien au sol, il sera interdit d’appuyer sur la nuque ou le cou". 

Dans ce communiqué, le ministre de l'Intérieur tente de rassurer les forces de l'ordre, ulcérées ces derniers jours par ses propos de lundi. Christophe Castaner affirme qu'"il n’a jamais été question de remettre en cause la présomption d’innocence à laquelle policiers et gendarmes ont évidemment droit, comme tout un chacun". 

Christophe Castaner et le secrétaire d’État Laurent Nunez promettent également de "toujours faire la différence entre les fautes de quelques-uns et l’action sans faille des forces de l’ordre au service des Français".

Déterminer des techniques de substitution

Christophe Castaner précise, dans ce communiqué, qu'un groupe de travail sera chargé "d’ici le 1er septembre de déterminer les techniques et moyens matériels de substitution" à la technique de la clé d'étranglement, "auxquels les fonctionnaires seront alors formés".

Il est aussi précisé que "lors des discussions avec les organisations syndicales, la généralisation du pistolet à impulsion électrique (PIE) n’a pas été demandée", et qu'"une expérimentation territoriale" de cette arme serait conduite "afin d’évaluer son utilité et son efficacité". Enfin, il est prévu la généralisation des caméras-piétons "dont la technologie doit monter en gamme".

Jeudi, Christophe Castaner a reçu les représentants syndicaux des gardiens de la paix et vendredi ceux des officiers et des commissaires. Devant les syndicalistes, Christophe Castaner a reconnu en outre "une connerie", "une maladresse" de langage quand il a annoncé lundi la suspension de tout fonctionnaire en cas de "soupçon avéré" de racisme. Pour le ministre, cette suspension conservatoire ne peut être décidée qu'en cas de faits avérés.

Jeanne Bulant