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Attentats de Paris: des hommes du GIGN accusent leur chef de manque de courage

Huit mois jour pour jour après les attentats du 13 novembre, des gendarmes du GIGN s'en prennent à leur chef dans une lettre anonyme, révélée par Le Canard enchaîné. Ils lui reprochent son inaction au soir de l'attaque jihadiste perpétrée au Bataclan.

Signée "l'esprit de l'inter", pour "intervention", une lettre anonyme des gendarmes du GIGN s'en prend vivement à leur chef, le colonel Hubert Bonneau. Ces membres du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale reprochent à leur supérieur d'être "peu courageux" et de ne pas avoir engagé ses hommes au Bataclan lors des attentats du 13 novembre. 

Cette lettre de trois pages adressée au patron de la gendarmerie nationale Denis Favier, révélée par Le Canard enchaîné.

Une poignée de mécontents

Il est impossible de savoir combien d'entre eux adhèrent aux propos virulents de ce courrier, mais selon les différents gendarmes du GIGN interrogés par l'AFP sous couvert d'anonymat, elle émane d'une poignée de mécontents tandis que de nombreux membres de la force d'élite n'y ont pas été associés.

"Voilà maintenant deux ans que nous subissons le commandement injuste et peu légitime du colonel Bonneau", "un mauvais chef", "qui fait de son mieux pour minimiser la Force intervention", écrivent les initiateurs de la lettre.

"Il attendait sagement d'être appelé"

En cause, notamment, selon ces militaires anonymes, la soirée du 13 novembre. Alors que le groupe étaient pré-positionné au début des attentats, le colonel Bonneau "attendait sagement d'être appelé", accusent-ils.

"Alors que nous étions 40 opérationnels (...) prêts à mener un assaut, prêts à faire cesser la tuerie", le colonel Bonneau "attendait sagement d'être appelé" et "se cachait derrière une histoire de compétence territoriale", accusent-ils, se disant "scandalisés et traumatisés par cet événement".

L'appui du GIGN forcément nécessaire?

L'assaut au Bataclan contre les jihadistes a été mené par les unités d'élite de la police. La commission d'enquête parlementaire sur les attentats qui vient de rendre ses conclusions a conclu qu'il n'était "pas nécessaire" de solliciter le GIGN, estimant que la BRI et le Raid étaient mobilisés en nombre suffisant à la salle de spectacles. Comme le rappelle Le Parisien, le rôle du GIGN était avant tout de relayer le RAID et la BRI, dont les rôles sont différents

Ce mercredi, le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Denis Favier, a condamné ces "écrits anonymes", qui "n'honorent pas leur(s) auteur(s), et renouvelé "toute sa confiance" au colonel Hubert Bonneau. "Les conclusions [de la commission d'enquête sur les attentats de 2015] sont claires: aucun élément ne vient accréditer la thèse d'un éventuel dysfonctionnement dans l'emploi du GIGN", est-il écrit dans ce communiqué. 

la rédaction avec AFP