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Attentat en Isère: le suspect "s'exprime et ça se passe bien"

Les forces de l'ordre patrouillent dans le quartier où habite le suspect principal de l'attentat en Isère.

Les forces de l'ordre patrouillent dans le quartier où habite le suspect principal de l'attentat en Isère. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Yassin Salhi, principal suspect dans l'attentat et le meurtre perpétrés vendredi à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, a commencé à parler samedi soir en garde à vue.

MISE A JOUR 27/06: Samedi soir, Yassin Salhi a commencé à parler aux enquêteurs après avoir gardé le silence depuis son arrestation vendredi. "Il était mutique mais il change de position" et "commence à s'expliquer sur le déroulé des faits", a indiqué une source policière. "Il s'exprime et ça se passe bien", a confié son avocat à BFMTV.

Il ne lui aura fallu que quelques minutes pour semer l'horreur. Yassin Salhi, 35 ans, est soupçonné d'avoir décapité son employeur, Hervé C., 54 ans, et d'avoir ensuite précipité le camion qu'il conduisait vers des bouteilles d'acétone, de gaz et d'air liquide, stockées dans le hangar de l'usine qu'il a attaqué vendredi matin en Isère, à Saint-Quentin-Fallavier.

Brièvement hospitalisé avant d'être transféré au siège de la police judiciaire, à Lyon, Yassin Salhi, père de trois enfants, a été placé vendredi matin en garde à vue. "Il ne s'exprime quasiment pas, et a tout d'abord feint d'avoir une amnésie avant de se retrancher dans son mutisme", a confié une source policière à BFMTV. Les enquêteurs cherchent à connaître notamment le mobile de l'assassinat d'Hervé C., et savoir s'il y a eu association de malfaiteurs ou non.

Mais à ce stade, selon nos informations, tout laisse à penser qu'il aurait agi seul, sans réseau logistique pour le soutenir, sans arme, s'en prenant à une cible personnelle, son employeur. À son domicile, un ordinateur a été saisi et est en cours d'exploitation pour mieux comprendre ses motivations.

Sa soeur et son épouse également en garde à vue

En matière de terrorisme, les gardes à vue peuvent durer au maximum 96 heures (4 jours), mais peuvent aller jusqu'à 144 heures (6 jours) "en cas de risque sérieux d'imminence d'action terroriste". Comme tout suspect dans ce genre d'affaire, Yassin Salhi aura le droit à un entretien confidentiel de 30 minutes avec son avocat, à l'issue des 72 premières heures de garde à vue. Dans son cas, ce ne sera pas avant lundi matin.

Vendredi dans la journée, après une longue perquisition à leurs domiciles, son épouse et sa soeur, âgées de 34 et 32 ans, d'abord entendues en audition libre, ont aussi été placées en garde à vue à la PJ de Lyon, dans le but notamment de cerner le profil de Yassin Salhi. Ces gardes à vue pourront éventuellement être prolongées de 24 heures samedi en fin d'après-midi par les enquêteurs. Un quatrième suspect, repéré aux abords de l'usine peu après l'attentat, a été placé en garde à vue avant d'être relâché vendredi soir.

La victime tuée avant d'être décapitée

Alertés précisément à 9h37 d'une explosion sur ce site sensible, les pompiers sont arrivés sur place à 9h41. Une vingtaine de minutes plus tard, l'un des pompiers s'est retrouvé face à l'homme, qui tentait alors d'ouvrir d'autres bouteilles de gaz. Après avoir échangé quelques coups, le pompier a été rejoint par des gendarmes. Yassin Salhi, rendu groggy par la déflagration dans laquelle il pensait probablement mourir, ne leur a pas beaucoup résisté.

D'après les premiers éléments de l'enquête, Hervé C. a été tué par strangulation avant d'être décapité, a-t-on appris auprès d'une source proche du dossier. L'autopsie, dont les premiers résultats sont attendus dans l'après-midi, permettra de confirmer ou non les premières constatations médicales. 

Alexandra Gonzalez avec Sarah-Lou Cohen Bacri