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Attentat de Nice: un des fondateurs de l'association de victimes accusé de détournement de fonds

Deux personnes se tiennent devant le mémorial dressé sur la promenade des Anglais à Nice, le 18 juillet 2016, quatre jours après l'attentat ayant fait 84 morts. (Photo d'illustration)

Deux personnes se tiennent devant le mémorial dressé sur la promenade des Anglais à Nice, le 18 juillet 2016, quatre jours après l'attentat ayant fait 84 morts. (Photo d'illustration) - Valéry Hache - AFP

L'ancien porte-parole de l'association est accusé d'avoir détourné plus de 7.000 euros. L'avocat de la défense assure que son client peut "justifier les faits".

L'un des fondateurs et ancien porte-parole de l’association "Promenade des anges - 14 juillet 2016", constituée en aide aux victimes de l’attentat sur la promenade des Anglais, comparaîtra le 19 juillet devant le tribunal correctionnel de Nice pour abus de confiance et escroquerie, relate Nice-Matin.

Egalement ex-secrétaire général de l’association, Vincent Delhomel-Desmarest est accusé de détournement de fonds par l’actuelle présidente de la structure, Emilie Petitjean, qui en a pris la tête en janvier dernier. Elle a porté plainte pour l’association et en son nom propre.

L’ancien porte-parole, actuellement hospitalisé, est soupçonné d’avoir détourné 7.300 euros entre novembre 2016 et janvier 2017 qu’il aurait utilisés pour régler des frais de restaurant ou de déplacement, selon les éléments recueillis par la police judiciaire de Nice lors de sa garde à vue. Ces 7.300 euros correspondent à la recette de l'opération "Courir pour nos anges", relève le quotidien, qui précise que le prévenu aurait par ailleurs touché 2.000 euros en notes de frais infondées.

"Un dossier sensible"

Le parquet a renvoyé l'ex-secrétaire général en correctionnelle et il a été placé sous contrôle judiciaire.

"C'est un dossier forcément particulier et sensible, dans lequel il faut faire la part des choses”, tempère auprès de Nice-Matin Jean-Michel Prêtre, procureur de la République de Nice.

"On est presque dans des questions de principe. Les services d'enquête ont effectué un criblage des différentes factures présentées. Une part des frais est explicable, d'autres ont pu constituer un détournement de fonds, dans un contexte où il avait des difficultés à assumer son rôle de représentation de l'association."

L’avocat de la défense, Me Zia Oloumi, affirme que son client "conteste toute infraction pénale" et qu’il "reconnaît les faits mais peut à chaque fois les justifier". Il a par ailleurs prévu de demander un renvoi de l'affaire, voire un dépaysement, "afin qu’elle puisse être jugée dans un climat apaisé".

"Être jugé quatre jours après la commémoration d'un événement aussi tragique, on ne sera pas dans un moment serein", a-t-il déclaré à France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.

L.A.