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Attaque au couteau à Paris: un mode opératoire fréquent, encouragé par Daesh

L'attaque au couteau de Paris ce samedi soir rappelle de précédentes agressions à l'arme blanche qui ont eu lieu sur le sol français ces dernières années.

Trois heures après le drame, la section antiterroriste du parquet de Paris a finalement été saisie. L'attaque au couteau, qui a fait au moins un mort et deux blessés graves au coeur de la capitale ce samedi soir, rappelle le mode opératoire de précédentes attaques sur le territoire français qui ont eu lieu ces dernières années.

Notre consultant Sébastien Pietrasanta, ancien député co-auteur du rapport sur les attentats du 13-Novembre, rappelle que ce "mode opératoire a été encouragé par Daesh", notamment dans une vidéo en 2014 où était demandé à aux "sympathisants" d'utiliser les armes blanches ou les voitures-bélier. Chems Akrouf, expert en renseignement, rappelle de son côté que ce mode opératoire ressemble "trait pour trait" à ce qui a été vu récemment en France et à l'étranger où "des individus passent à l'acte en s'en prenant à des inconnus en cherchant à faire le maximum de victimes".

Un objectif "stratégique et multiple"

L'objectif en employant cette méthode est "stratégique et multiple", assure Chems Akrouf, toujours sur notre antenne: "Se dire que tout le monde peut être visé quand on sort et savoir qu'on est nulle part à l'abri."

Le 1er octobre 2017, deux passantes d'une même famille avaient été tuées dans une attaque au couteau à la gare de Marseille-Saint-Charles. Les deux jeunes femmes, des cousines âgées de 20 ans, avaient été mortellement poignardées par un assaillant, abattu ensuite par des militaires de l'opération Sentinelle. Daesh avait alors revendiqué les assassinats via son organe de propagande. Les attaques à l'arme blanche sont devenues récemment un mode opératoire tristement fréquent dans les opérations terroristes. Notre consultant police/justice, Dominique Rizet, retraçait il y a quelques mois la chronologie de ces attaques à l'arme blanche qui ont marqué l'actualité française récente.

Louvre, Magnanville, Saint-Etienne-du-Rouvray...

"Il y a eu d'abord la machette. La machette, ça commence à Nice avec des militaires de Sentinelle qui sont en faction il y a trois ans devant une synagogue et qui vont être agressés par un homme. C’est à partir de ce moment-là que les hommes de Sentinelle vont passer des missions statiques aux missions mobiles parce qu’ils étaient trop facilement des cibles."

En février 2017, des militaires avaient été agressés au musée du Louvre à l'aide de deux machettes. Avant les attentats de 2015, des attaques de ce type avaient déjà été signalées: "Les couteaux, ça commence au commissariat de Joué-lès-Tours, il y a trois ans. C'est un samedi après-midi, un homme va sonner à la porte de ce commissariat qui fait une permanence et au moment où les policiers ouvrent, il se jette sur eux avec un couteau. Il est abattu."

Une méthode "recommandée" par les terroristes

Le 13 juin 2016, un couple de policiers mourrait sous les coups de Larossi Abballa à son domicile de Magnanville, dans les Yvelines: "La femme policière est tuée, égorgée et son mari rentre et est tué de plusieurs coups de couteau dans le ventre", rappelait Dominique Rizet. Enfin, le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel était encore égorgé en son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. "C'est une méthode malheureusement recommandée par les sites internet terroristes."
F.M.