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Affaire Grégory: ce qu'il s'est dit entre Murielle Bolle et son cousin lors de leur confrontation

Murielle Bolle assure que son cousin ment.

Murielle Bolle assure que son cousin ment. - AFP

Le 28 juillet dernier, Murielle Bolle a été confrontée à son cousin qui affirme qu'elle a été victime de pression familiale pour changer sa version accablante pour son beau-frère, Bernard Laroche. Après trois heures d'opposition, chacun est resté sur ses positions.

"Reconnaissez-vous votre cousin?" A cette question, Murielle Bolle oppose un "non" catégorique. A l'image de cet échange, la confrontation entre ce personnage central du dossier Grégory Villemin et son cousin a été tendue du début à la fin. Organisée le 28 juillet dernier, elle a eu lieu dans le bureau de la présidente de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon. Outre Claire Barbier, sa greffière, le procureur général, Murielle Bolle, ses avocats, et son cousin, étaient présents. Seul un gendarme séparait les deux protagonistes.

Dès la première question, le ton est donné. "Je n'ai pas souvenir de lui et même le nom ne me dit rien", tranche Murielle Bolle, selon le procès-verbal de cette confrontation. Mise en examen pour "enlèvement suivi de mort", elle vient de passer un mois en prison. A l'annonce de ce nouveau rebondissement, son cousin assure s'être décidé à parler, près de 33 ans après les faits. Il en est certain l'adolescente de l'époque s'est prise une "rouste" après avoir mis en cause Bernard Laroche pour le meurtre du petit Grégory. Un "lynchage" qui aurait entraîné la rétractation de la jeune fille ce que nie fermement la principale intéressée.

"Bouboule"

Pour tenter de rafraichir la mémoire de Murielle Bolle, aujourd'hui âgée de 48 ans, et tester son cousin, la magistrate va s'atteler à poser des questions sur le passé, cette époque où les deux protagonistes du jour se fréquentaient. A la question des surnom de l'adolescente, son cousin fait un carton plein: "Mumu, poil de carotte et bouboule".

"C'est exact. Ce surnom de Bouboule, c'est Bernard qui me l'a donné à l'occasion de la visite d'un cirque au cours de laquelle un singe qui s'appelait Bouboule m'avait pris mon écharpe", reconnaît Murielle Bolle, comme le rapporte L'Express.

De ces souvenirs, l'un va manquer: celui du nom du chien de Murielle Bolle à l'époque. Un détail, semble-t-il, 32 ans plus tard. Car ce qui intéresse réellement la justice, c'est sa version du déroulé de la soirée du 5 novembre 1984, le soir où Murielle Bolle ressort de chez les gendarmes après avoir mis en cause son beau-frère, Bernard Laroche. Le cousin explique être présent ce jour-là. "Je me rappelle quand je suis monté avec ma mère au mois de novembre 1984, en fin de journée, venant de Blamont, 17 heures… il y a trente-trois ans… Il faisait encore jour", rapporte-t-il à l'assemblée, selon Le Monde.

"Une mèche de cheveux dans les mains"

Là, lui aurait participé "à repousser les journalistes" agglutinés devant le domicile des Bolle, à Laveline-devant-Bruyères. Ensuite, il livre à la justice les scènes de violence dont il aurait été témoin: la première claque infligée à Murielle Bolle par sa mère, les insultes lancées par son père à coup de "salope" et "putain", les coups infligés par sa soeur, Marie-Ange. "Sa soeur avait même une mèche de cheveux dans les mains", assure le cousin. Il poursuit avec la discussion qu'il aurait eu avec la jeune fille, avec qui il avait l'habitude de partager café et tartines, le soir de ce "lynchage". A ce moment-là, elle lui assure avoir été avec Bernard Laroche le jour de la mort du petit Grégory, qui aurait été enlevé par ce dernier, qui aurait alors remis l'enfant à deux personnes.

"Il ment", rétorque Murielle Bolle face à la magistrate et répète la version qu'elle livre depuis sa rétractation. Elle n'a jamais été avec Bernard Laroche, ce 5 novembre 1984, sa famille ne l'a pas frappée, seule sa soeur Marie-Ange Laroche l'a pris par les épaules.

"Tu es une victime"

Ce ne sont pas les déclarations de Murielle Bolle qui font tiquer la présidente de la chambre de l'instruction mais les approximations du cousin. Lui assure qu'un avocat était présent ce 5 novembre 1984. Sur une photo, il reconnaît Me Paul Prompt, appelé pour défendre Bernard Laroche. Problème: ce dernier, décédé en février dernier, est arrivé dans les Vosges que le 8 novembre, selon son épouse. "Je ne me souviens pas du jour, c’était le 5 ou le 6", reconnaît-il, sans estimer que cela ait une importance.

"Je peux faire erreur sur la date mais pas sur l'événement. Pensez-vous que je serais assez fou pour inventer une telle connerie si je n'étais pas certain qu'il était là, cet homme? Il a empêché un lynchage!", s'emporte-t-il.

Pourtant si cette scène décrite a eu lieu le 6 novembre, elle s'est déroulée après la rétractation de Murielle Bolle et les violences n'en auraient pas été la cause. "C’était avant qu’elle ne se rétracte", plaide le cousin mettant en avant sa bonne foi. "Mes jours sont comptés, je ne viens pas t'accuser de quoi que ce soit. Je dis que tu es une victime", lance-t-il à Murielle Bolle. Il refusera toutefois de répondre aux question de Me Ballorin, l'un des trois avocats de la quadragénaire, en réaction aux déclarations de ce dernier qui l'avait qualifié de "mythomane" dans la presse.

J.C.