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Affaire Grégory: pour les avocats de Murielle Bolle, "le mythomane a encore frappé"

Murielle Bolle et son cousin se sont retrouvés ce vendredi après-midi pour une confrontation dans le bureau de la présidente de la chambre d'instruction de Dijon, dans le cadre de l'affaire Grégory. A la sortie, ils ont estimé que leur cliente avait marqué des points. L'avocat du cousin a évoqué "la déception" de son client.

Il assure que Murielle Bolle a été frappée, insultée par sa famille le 5 novembre 1984 avant de rétracter son témoignage incriminant Bernard Laroche dans le cadre de l'enlèvement de Grégory Villemin, et qu'elle a ce soir-là encore accusé son beau-frère devant lui; elle, dit qu'il n'en est rien. Ce sont les deux versions qui se sont opposées ce vendredi après-midi dans le bureau de la présidente de la chambre d'instruction de Dijon lors de la confrontation entre Murielle Bolle et son cousin.

Premiers à s'exprimer devant la presse au sortir de celle-ci, les avocats de la femme âgée aujourd'hui de 48 ans ont fait part de leur satisfaction. L'un d'entre eux, Jean-Paul Teissonnière a affirmé que la confrontation s'était déroulée comme il l'avait "envisagée" et a martelé que des éléments avancés par le cousin de Murielle Bolle dans son témoignage avaient été contredits durant la réunion.

"Les allégations, c'est terminé"

Le témoin avait notamment posé que le 5 novembre 1984 au soir, un avocat de Bernard Laroche, identifié comme maître Paul Prompt (mort aujourd'hui), était présent au domicile des Bolle, et avait suggéré à l'adolescente d'alors la manière de se rétracter.

"Il apparaît que Paul Prompt ne pouvait pas être là. On a fourni suffisamment d’éléments qui nous paraissent convaincants", a expliqué Jean-Paul Teissonnière qui a dit que, sur ce point, "les allégations et les affirmations, c’est terminé". 

Au chapitre des violences qu'aurait subies Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonnière a développé: "Il apparaît qu'aucune violence n’a pu intervenir le 5 ou le 6 novembre. Or vous savez que la rétractation a eu lieu le 6 à 17 heures et donc cette thèse-là ne paraît pas pouvoir être maintenue par l’accusation. (…) Il n’y a pas eu de violence." Il a notamment argué du visage exempt de marques de coups que la jeune fille avait présenté devant les caméras le 7 novembre 1984. Définitif, il a conclu: "Je pense que la logique des déclarations du cousin est dans une impasse."

"Le mythomane a encore frappé"

Christophe Ballorin, un autre avocat de Murielle Bolle, est allé plus loin que son confrère. Il s'est tout d'abord félicité de la participation de la Vosgienne. "Elle a été très active. Elle s'est beaucoup exprimée", a-t-il déclaré. Il a ensuite opposé les journées vécues ce vendredi par les deux personnes mises face à face dans le bureau de la magistrate: "Pour Murielle Bolle, l'audition s'est très bien déroulée. La confusion est totale pour le cousin, qui est complètement décrédibilisé". Approfondissant l'attaque, il a lancé:

"On a l'impression d'un recyclage d'informations tirées des médias. Le mythomane a encore frappé". 

Pour appuyer ces piques, il a déclaré que le cousin de Murielle Bolle avait parfois "refusé de répondre, ou dit que s'il ne se souvenait pas de certaines choses à cause de sa prise de médicaments". Le témoin souffre en effet d'une maladie importante. Christophe Ballorin a aussi nié la proximité de sa cliente et du témoin lors de leur jeunesse, en prenant pour exemple notamment le fait que celui-ci avait montré qu'il ignorait que Murielle Bolle jouait au football à l'adolescence, alors qu'une question avait été posée en ce sens lors de la confrontation. Il a encore ajouté: "Murielle Bolle n'a pas reconnu son cousin. Elle le vouvoyait et l'appelait 'monsieur'". 

L'avocat du cousin de Murielle Bolle évoque la "déception" de son client

Jean-Christophe Tymoczko, avocat du cousin, a défendu les liens passés de son client avec la quadragénaire mise en examen pour enlèvement de mineur de moins de quinze ans suivi de mort: "Il a donné des éléments qui prouvent qu’il la connaissait et qu’ils avaient des relations qui n’étaient peut-être pas proches" mais suffisantes pour justifier l'idée de la confidence au soir du 5 novembre 1984.

Le conseil, qui n'était pas présent durant la confrontation, a également noté: "Il a réitéré l’ensemble de ses déclarations, il a même donné d’autres détails sur la connaissance qu’il avait de la famille, sur l’épisode du 5 novembre. (...) Dans ce dossier on ne peut pas dire aujourd‘hui que mon client serait forcément le menteur. On est parole contre parole."

Il a déploré: "Il est extrêmement déçu il pensait qu’une vérité pouvait émerger subitement. Il espérait que Murielle Bolle soit plus à même de faire ce qu’il a fait, c’est à dire un retour sur le passé". 

Une prochaine demande de remise en liberté

Le procureur général de Dijon s'est adressé à la presse dans un registre similaire quelques minutes plus tard. "Chacun est resté sur ses positions. La mise en examen a réitéré qu’ elle n’avait pas fait l’objet de violences et a ajouté qu’elle ne connaissait pas le témoin, qui cependant est son cousin germain", a déclaré Jean-Jacques Bosc. "Son cousin a réitéré son témoignage indiquant que madame Bolle avait fait l’objet de violences de la part de son entourage entre le 5 et le 6 novembre. Les investigations se poursuivent". Il a poursuivi:

"Certains éléments dans le dossier, parfois anciens, sont en faveur de l’idée de pressions sur Murielle Bolle. Des vérifications sont en cours sur cette question."

La prochaine échéance pour Murielle Bolle est prévue dans une semaine. Vendredi prochain se tiendra en effet sa nouvelle demande de remise en liberté. Ses avocats ont exposé leur optimisme concernant une satisfaction de cette requête, expliquant disposer d'une "solution d'hébergement extra-familiale".
Robin Verner