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Affaire Bettencourt: non-lieu requis pour Sarkozy et Woerth

Eric Woerth et Nicolas Sarkozy.

Eric Woerth et Nicolas Sarkozy. - -

Le parquet de Bordeaux a annoncé ces réquisitions "en l'absence de charges", écrit-il. Il a requis en revanche le renvoi devant le tribunal correctionnel de François-Marie Banier et Patrice de Maistre.

Le parquet de Bordeaux a annoncé vendredi avoir requis dans l'affaire Bettencourt des non-lieux en faveur de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, de l'ex-ministre Eric Woerth, ainsi que de l'homme d'affaires Stéphane Courbit et de l'avocat Pascal Wilhelm, notamment.

"Quelle que soit la violence des calomnies, la vérité finit toujours par triompher", a réagi Me Thierry Herzog, l'avocat de l'ancien président de la République. "Le procureur de la République de Bordeaux vient de le démontrer", a-t-il ajouté, se refusant à tout autre commentaire.

De son côté, Me Jean-Yves Le Borgne, avocat d'Eric Woerth a dénoncé sur BFMTV "l'emballement un peu excessif dans cette procédure judiciaire". "Eric Woerth en 2007, au moment où l'on a imaginé qu'il aurait reçu des fonds pour la campagne présidentielle ne connaissait pas Madame Bettencourt."

L'avocat espère que les juges d'instruction suivront le parquet, mais s'attend à tout, "même le plus inattendu" car, explique-t-il, "l'affaire Bettencourt depuis déjà quelques années se déroulé dans un contexte spécifique et passionnel".

Renvoi au tribunal requis pour Banier et de Maistre

Le parquet a requis en revanche le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'artiste François-Marie Banier, dont l'amitié avec Liliane Bettencourt est à l'origine de toute cette affaire, et de l'ancien homme de confiance de la milliardaire, Patrice de Maistre, a-t-il indiqué dans le même communiqué.

Dans ce dossier qui concerne essentiellement les abus de faiblesse qui auraient été commis au préjudice de Liliane Bettencourt depuis septembre 2006, François-Marie Banier doit être, de l'avis du procureur de la République Claude Laplaud, renvoyé devant la justice pour abus de faiblesse et blanchiment d'abus de faiblesse. Pour Patrick de Maistre, qui a fait 88 jours de détention provisoire dans cette affaire, les motifs évoqués sont abus de faiblesse et blanchiment de fraude fiscale.

Des non-lieux sont requis également à l'égard d'un des notaires de l'héritière de l'Oréal, Patrice Bonduelle, et de l'infirmier de cette dernière, Alain Thurin. Tous sont requis "en l'absence de charge", écrit le parquet.

En attente de la décision des juges

Pour quatre autres personnes, il requiert par ailleurs un renvoi devant le tribunal : Martin Le Barrois d'Orgeval, l'ami de François-Marie Banier (pour abus de faiblesse, recel d'abus de faiblesse, blanchiment d'abus de faiblesse), Carlos Cassina Vejarano, qui gérait l'île des Bettencourt aux Seychelles (pour abus de faiblesse et abus de confiance aggravé par la particulière vulnérabilité de la victime), le notaire Jean-Michel Normand (pour complicité d'abus de faiblesse), et l'avocat fiscaliste Fabrice Goguel (pour blanchiment de fraude fiscale).

Les trois juges d'instruction en charge du dossier pourront dire à partir de fin juillet qui, de ces douze hommes, ils décident de renvoyer effectivement devant le tribunal correctionnel. Ils ne sont en effet pas tenus de suivre l'avis du parquet.


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M.D. avec AFP