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14-Juillet: le casse-tête de la sécurité autour de la venue de Trump

Un sniper posté sur l'Arc de Triomphe, le 14 juillet 2016.

Un sniper posté sur l'Arc de Triomphe, le 14 juillet 2016. - Stéphane de Sakutin - AFP

La capitale va être placée sous haute protection vendredi, pour le traditionnel défilé du 14-Juillet, auquel doit assister cette année un invité un peu particulier: le président des Etats-Unis Donald Trump.

Un dispositif de sécurité exceptionnel. Un an après l'attentat de Nice, Paris sera sous haute protection vendredi pour les traditionnelles festivités du 14-Juillet en présence cette année du président américain Donald Trump. Près de 11.000 forces de l'ordre vont être mobilisées à cette occasion, dans un contexte de menace terroriste élevée. Un dispositif auquel vont venir se greffer les services de sécurité du président des Etats-Unis. 

300 policiers de plus qu'en 2016

Lors d'un point presse organisé mardi, le préfet de police de Paris Michel Delpuech a refusé de dévoiler les mesures spécifiques liées à la venue du chef de l'Etat américain, attendu dès ce jeudi dans la capitale. Le préfet de police a tenté de ne pas en faire un défi sécuritaire hors normes, se contentant de préciser que "toute la maison est mobilisée" pour le défilé du 14-Juillet, y compris "la BRI (brigade de recherche et d'intervention) en réserve, prête à intervenir en tout point de la capitale". "Tout le monde doit être protégé", a-t-il ajouté.

Selon Michel Delpuech, la présence de Donald Trump entraîne le déploiement de 200 à 300 policiers de plus sur les Champs-Elysées que l'année dernière, et le dispositif de sécurité est coordonné entre les équipes des présidences américaine et française.

Plots et dispositif anti-drones

Il s'agit de la première fête nationale depuis l'attentat au camion-bélier à Nice, au soir du 14 juillet 2016, qui avait fait 86 morts. De plus, la menace d'attentats n'a pas faibli en France, comme l'ont démontré les récentes attaques qui ont particulièrement visé les forces de l'ordre. 

Au total, 3.500 policiers et gendarmes seront chargés de la sécurité du défilé, appuyés par 2.500 sapeurs-pompiers. Sur l'ensemble de l'agglomération parisienne, entre 2.600 et 2.900 membres des forces de l'ordre seront par ailleurs mobilisés.

Les services de sécurité américains ont imposé leurs conditions au sol, mais également dans les airs. Ainsi, chaque accès à la zone de sécurité autour des Champs-Elysées sera protégé par des plots ou des véhicules anti-véhicules béliers. S'y ajoute un dispositif anti-drones, déjà utilisé ces deux dernières années, qui permet de détecter et brouiller les aéronefs afin de les neutraliser. Par ailleurs, un drone, mis à disposition par l'armée de l'air, permettra "de suivre en plan large les mouvements de foule". Il volera en permanence au-dessus des Champs-Elysées pendant la cérémonie et sera relié par satellite au QG français de contrôle. 

Quant aux mesures de sécurité "basiques" en marge du défilé, elles restent classiques: fouilles des sacs, contrôles d'identité, stations de métro alentour fermées, circulation interdite.

Un dispositif de sécurité propre au président américain

Enfin, comme à l'accoutumée pour le président des Etats-Unis, Donald Trump devrait utiliser ses propres moyens de protection pour ses déplacements dans la capitale. Outre son véhicule blindé, le président américain devrait bénéficier de la double protection de ses services et des services français lors de son dîner à la Tour Eiffel en compagnie de son épouse et du couple Macron, jeudi soir. 

"Les Américains ont une particularité, ils utilisent leur propre logistique, et jamais aucune autre. Leur avion, leur véhicule, leurs moyens techniques", rappelle à ce sujet Pascal Bitot-Panelli, ancien du service de protection des hautes personnalités. 

La règle est ainsi valable pour l'arrivée de Donald Trump à l'aéroport d'Orly, ce jeudi matin: la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) va suivre les consignes américaines qu'elle a reçues. Ainsi, les plans des vols commerciaux vont être modifiés lors de l'arrivée d'Air Force One, et les vols pourront accuser des retards d'environ 30 minutes.

Adrienne Sigel avec AFP