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Jimmy Fallon livre un discours émouvant après les violences racistes de Charlottesville

Jimmy Fallon dans son émission du 14 août

Jimmy Fallon dans son émission du 14 août - Capture d'écran Youtube - The Tonight Show Starring Jimmy Fallon

L'animateur-vedette de la télévision américaine est revenu sur les affrontements survenus ce samedi en Virginie. Des violences qui ont fait une morte parmi les militants anti-racistes venus protester contre un rassemblement d'extrême-droite.

C'est une tradition de son émission: pour ouvrir son Tonight Show, très suivi au États-Unis, l'animateur américain Jimmy Fallon revient sur l'actualité dans un speech de quelques minutes avant d'accueillir ses invités. Adoptant d'habitude un ton léger et décalé, c'est avec solennité et les yeux embués que la star de la télévision américaine a évoqué ce lundi soir les événement survenus à Charlottesville, en Virginie, au cours du week-end. 

Samedi, plusieurs mouvements d'extrême-droite se sont rassemblés dans cette ville du sud-est des États-Unis. Néo-nazis, suprémacistes blancs et membres du Ku Klux Klan se sont retrouvés sous des drapeaux confédérés et des croix gammées. La manifestation a tourné au drame lorsque des violences ont éclaté avec des militants anti-racistes. 35 personnes ont été blessées et une jeune femme de 32 ans a été tuée, renversée par un véhicule lancé sur la foule. Deux policiers ont également trouvé la mort dans un accident d'hélicoptère. 

"Je me suis senti malade"

Ce qui s'est passé à Charlottesville au cours du week-end était simplement écoeurant. Je regardais les informations comme tout le monde (...) et je me suis senti malade", a raconté l'animateur, avant de poursuivre: "Mes deux filles étaient dans la pièce d'à côté, et je me suis dit 'Comment puis-je leur expliquer qu'il y a tant de haine dans ce monde?"

Jimmy Fallon s'en est ensuite pris à Donald Trump, dont la réaction aux événements de Charlottesville a provoqué l'indignation. Dans un premier discours ambigu, le chef d'État avait simplement condamné la "violence venant de diverses parties". Le président américain a alors mis 24 heures à condamner "les suprémacistes blancs, le KKK, les néo-nazis et tous les groupes extrémistes" via un porte-parole. Ce n'est que lundi, 48 heures après les événements, que le président a condamné lui-même les groupuscules.

"Le fait qu'il a fallu deux jours au président pour dénoncer clairement les racistes (...) est honteux. Et je pense qu'il a finalement pris la parole parce que tout le monde s'est élevé et a dit quelque chose. Il est important pour tout le monde, et surtout pour les blancs, (...) de dénoncer tout cela. L'ignorer, c'est aussi grave que le soutenir", a estimé l'animateur de 42 ans.

Enfin, Jimmy Fallon a rendu hommage à Heather Heyer, la "femme courageuse" qui est "morte en défendant le bien à 32 ans", avant d'inciter son public à élever la voix:

"Nous devons tous nous élever contre le mal, reconnaître que le racisme existe, et défendre ce qui est bon (...) Et montrer à la nouvelle génération que nous n'avons pas oublié combien certains se sont battus pour les droits humains. On ne peut pas faire ça. On ne peut pas revenir en arrière."

Jimmy Fallon n'est pas la seule célébrité à avoir réagi aux événements du week-end. L'acteur Arnold Schwarzenegger, ancien gouverneur de Californie, s'est dit "horrifié" et a déclaré faire don de 100.000 dollars à une organisation anti-haine. 

Benjamin Pierret