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Charlottesville: Trump sous le feu des critiques après la mort d'une militante anti-raciste

Une militante anti-raciste a été tuée par un véhicule qui a volontairement percuté les opposants à un rassemblement de mouvements d'extrême droite. Donald Trump est vivement critiqué après avoir mis au même niveau les deux camps.

Le FBI a ouvert une enquête. Des violences ont éclaté samedi à Charlottesville, en Virginie, entre des participants à un rassemblement de mouvements d'extrême droite et leurs opposants. 35 personnes ont été blessées et une personne a été tuée, une militante anti-raciste de 32 ans, par un véhicule lancé volontairement sur la foule. Un suspect a été interpellé. Il s'agit de James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio. Il a été inculpé pour "meurtre", "blessures" et "délit de fuite".

Ce rassemblement unitaire de la droite radicale américaine réunissant des néo-nazis, suprémacistes blancs, le Ku Klux Klan (KKK) ou encore la droite alternative avait été interdit par les autorités alors que des violences s'étaient multipliées tout au long de la journée. Mais dans l'après-midi, des manifestants défilant sous des drapeaux confédérés et des croix gammées investissaient les rues de cette petite commune. Ils entendaient protester contre le retrait d'un jardin publique de la statue d'un général sudiste favorable à l'esclavage, Robert E. Lee.

Deux policiers morts

Face à eux, des manifestants anti-racistes. Des témoins rapportent alors que quand le cortège marchait dans la rue, une berline de couleur sombre leur a foncé dessus, par l'arrière. Il a percuté un second véhicule qui en a embouti un troisième. La voiture responsable est alors immédiatement en marche arrière. "Et puis, elle a frappé les gens à nouveau, décrit Nick McCarthy, un témoin du drame. Il y avait cette fille qui essayait de se relever..." Une manifestante, une jeune femme, est tuée. Il s'agit de Heather Heyer, 32 ans.

Deux policiers ont également trouvé la mort dans l'accident de leur hélicoptère présent pour sécuriser les rues de Charlottesville.

Pas de condamnation claire de la part de Trump

Ce drame a entrainé de nombreuses réactions. A commencer par celle du président américain.

"Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe ses vacances.

Ajoutant qu'il fallait mettre fin aux divisions mais sans se prononcer sur la responsabilité d'un camp ou d'un autre et sans clairement condamner les mouvements suprémacistes blancs. Il met ainsi les deux parties au même plan.

"Terrorisme"

Cette attitude a été immédiatement dénoncée par ses opposants et a provoqué un malaise chez les Républicains. Certains y voient une stratégie du président américain pour ne pas s'en prendre à des mouvements qui ont permis son élection. "Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs", n'a pas hésité à déclaré le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio. Le sénateur du Colorado, Cory Gardner, parle le lui de "terrorisme domestique".

"Nous devrions appeler le diable par son nom, mon frère n'a pas donné sa vie pour que Hitler et le nazisme ne soient pas contestés sur notre territoire", s'est emporté son collègue républicain de l'Utah, Orrin Hatch.

Barack Obama est lui sorti de sa réserve pour réagir aux événements de Charlottesville. "Personne ne nait en haïssant une autre personne a cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion", a rappelé l'ancien président, citant Nelson Mandela. L'ancienne adversaire de Donald Trump à la présidentielle l'a, elle, critiqué sans le nommer: "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs."

Justine Chevalier