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"The Crown": Le gouvernement britannique demande à Netflix d'avertir les téléspectateurs qu'il s'agit d'une fiction

Olivia Colman dans le le rôle d'Elizabeth II dans "The Crown", saison 3

Olivia Colman dans le le rôle d'Elizabeth II dans "The Crown", saison 3 - Sophie Mutevelian - The Crown - Netflix

Le secrétaire d'Etat à la Culture britannique souhaite que Netflix mentionne avant la diffusion de la série The Crown, qu'il s'agit d'une fiction.

La Grande-Bretagne a peur pour sa couronne. Craignant que les téléspectateurs de The Crown ne prennent pour argent comptant ce qu'ils voient dans la série, le gouvernement britannique compte demander à Netflix d'ajouter un avertissement, avant la diffusion de la série pour les prévenir qu'il s'agit d'une fiction.

Le secrétaire d'État au Numérique, à la Culture, aux Médias et au Sport , Oliver Dowden, a ainsi déclaré dans le Mail on Sunday:

"C'est une magnifique oeuvre de fiction, donc comme pour les autres productions télévisées, Netflix devrait être très clair dès le début, que ce n'est que cela".

Egoïste et insensible

Le ministre craint ainsi "qu'une génération de téléspectateurs, qui n'a pas vécu ces événements, puisse prendre la fiction pour des faits" et compte écrire à Netflix en ce sens. S'il y a bien un avertissement avant certains épisodes de la série, c'est pour prévenir les téléspectateurs qu'ils contiennent des scènes de boulimie, trouble dont souffrait la princesse Diana.

Les précédentes saisons, montrant les débuts d'Elizabeth II sous la couronne de reine, n'avaient pas suscité une telle levée de boucliers. Sauf lorsque la saison 3 avait laissé entendre que la reine avait noué romance avec l'entraîneur de ses chevaux de course, Lord Porchester. Un passage jugé "de très mauvais goût", par Dickie Arbiter, l'ancien secrétaire de presse de la reine.

Les défenseurs de la monarchie s'inquiètent aujourd'hui de l'image que donne la série de la monarchie... et surtout du prince Charles, appelé à succéder à la reine.

"Cette pauvre Diana"

Il faut dire que le prince n'est pas épargné dans cette saison, qui évoque les années 1980 et 1990. Il est dépeint comme égoïste, insensible à la souffrance de Diana, et principal artisan de l'échec de leur mariage, appelant chaque jour Camilla pour se plaindre.

@ClarenceHouse, le compte Twitter officiel de Charles et Camilla est d'ailleurs fermé aux commentaires depuis le 25 novembre. Il croulait sous les messages accusant Camilla Parker-Bowles d'avoir évincé Diana.

"Cette pauvre Diana n'a jamais eu droit au bonheur", peut-on lire dans les commentaires, ou encore "La façon dont ils ont traité Diana me rend malade", et "Dans la saison 3, et au début de la saison 4, j'avais de la sympathie pour vous deux (...) Je comprends que c'est de la fiction, mais quand même... L'essentiel de l'histoire est vrai, on le sait, c'était dans les journaux".

"Basé sur des faits réels"

Même Charles Spencer, frère de la défunte princesse, semble d'accord: "cela aiderait beaucoup The Crown, si au début de chaque épisode il y avait la mention 'Ceci n'est pas vrai, mais basé sur des faits réels'".

"[Le prince Charles] est de ces personnages qui suscitent autant de sympathie que de critiques, ce que peut inspirer la monarchie en général", a déclaré Peter Morgan au New York Times.

Le créateur de la série, Peter Morgan, interrogé le 18 novembre dernier sur certaines libertés que la série prenaient avec la fiction, avait déclaré assumer ces décisions, tant que c'était cohérent avec les faits.

L'année dernière, Donal McCabe, chargé de communication de la reine, avait été chargé de répondre à Peter Morgan qui avait assuré dans le Time échanger avec "des gens très haut placés dans l'organisation (la famille royale)" pour qu'ils se préparent [à la série].

"La famille royale n'a jamais accepté de mettre un veto ou d'approuver le contenu [de la série], n'a pas demandé à savoir quels sujets seraient abordés et n'exprimera jamais son point de vue sur la fidélité de la série", avait-il publié dans le Guardian, pour montrer à quel point la famille royale prenait ses distances avec le programme de Netflix.

Magali Rangin