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Angèle se dévoile dans un documentaire intimiste: "Je n'avais pas prévu de me raconter autant"

Le long-métrage, résumé d'une ascension fulgurante, sera disponible sur Netflix ce vendredi. La chanteuse revient pour BFMTV sur son élaboration.

Un tsunami médiatique, raconté dans un long-métrage: en trois ans, Angèle est devenue une star adulée par toute une génération. Les téléspectateurs pourront découvrir les coulisses de cette ascension, dans un documentaire Netflix, disponible ce vendredi. La chanteuse s'est prise au jeu, comme elle le raconte à BFMTV:

"Je n'avais pas prévu de raconter autant cette histoire-là, l'histoire intime, vue de l'intérieur. (...) Je ne savais pas quelle image les gens gardaient de ces trois années où ils m'ont beaucoup vue, et moi je n'avais pas le recul pour mettre les mots sur ce que je venais de vivre. Ça s'est fait vraiment petit à petit, on a trouvé le fil rouge du documentaire en le faisant. (...) Je ne partais pas en me disant qu'on allait finir par en dire autant sur mon intimité, et sur la psychologie derrière tout ça."

Pour mener à bien le projet, Angèle à lâché prise, en faisant confiance aux réalisateurs Brice VDH et Sébastien Rensonnet: "C'est eux qui faisaient tout, je ne voulais pas avoir totalement la tête dedans parce que je trouvais que ça allait manquer d'objectivité. J'ai accepté de donner beaucoup de choses quand on tournait des images, et de me dire 'On verra ce qu'on garde au montage'."

"Un public qui ne voulait pas de moi"

C'est bien l'intime, qui fait la force de ce documentaire. On découvre son rapport à la célébrité de ses parents, artistes connus en Belgique, et la "quête de légitimité" qu'elle a engendrée chez la jeune femme de 26 ans. Mais aussi des débuts de carrière plus difficiles que ce qu'a perçu le grand public. Notamment une première partie de Damso, durant laquelle le public l'a accueillie fraîchement:

"Les épreuves, heureusement que je les ai vécues. Parce que ça m'a donné une sorte de force pour la suite. (...) Je voulais me plonger dans cette piscine d'eau froide parce que je savais que c'était ça qui allait me faire vivre des choses. Cette expérience que j'ai vécue m'a permis de rencontrer Damso, d'en faire mon ami et qu'on puisse collaborer ensemble par la suite, mais à titre personnel ça m'a permis aussi de me confronter à un public qui ne voulait pas de moi. C'est quelque chose que je souhaite à tous les artistes, parce que ça te remet un peu les pieds sur terre."

Mal-être face à la célébrité

L'interprète de Balance ton quoi présente aussi son mal-être face à une célébrité trop vite acquise: "Tu es dans la vie des gens. On n'est plus juste soi-même, on est aussi une image. Il faut l'accepter, mais ça m'a demandé un petit temps d'adaptation. Il y a des choses que j'évite, comme la sortie des lycées à 16 heures", souffle-t-elle en souriant, détaillant sa panoplie pour passer incognito: "Capuche, regarder par terre, la casquette."

Jusqu'à la blessure ultime: les magazines people, qui lui ont volé une part de sa vie privée. "Je n'ai jamais joué à ce jeu-là: je n'ai jamais acheté ces magazines, j'ai eu beaucoup de mal à accepter que ça fait partie de ma vie (...) c'est peut-être le truc que je n'arriverai jamais totalement à digérer. Mais en même temps, je ne peux pas faire autrement parce que ça existe et que ça existera probablement toujours. Ce que je vis dans ma vie sentimentale, si je ne choisis pas de l'exprimer c'est que j'ai mes raisons."

Un documentaire qui est aussi un moyen pour Angèle de clore le premier chapitre de sa vie d'artiste avant la sortie de son deuxieme album, Nonante-cinq, le 10 décembre prochain.

Philippe Dufreigne, avec Benjamin Pierret