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Son nouveau film, Carole Bouquet, Jerry Lewis, sa moustache... les confidences de Michel Blanc

Michel Blanc entouré du casting de son nouveau film Voyez comme on danse: Jean-Paul Rouve, William Lebghil, Jeanne Guittet et Carole Bouquet.

Michel Blanc entouré du casting de son nouveau film Voyez comme on danse: Jean-Paul Rouve, William Lebghil, Jeanne Guittet et Carole Bouquet. - Yohan Bonnet / AFP

L’acteur sort Voyez comme on danse, son cinquième film en tant que réalisateur. Il évoque ses collaborations avec Carole Bouquet et Jerry Lewis ainsi que la fameuse moustache de Jean-Claude Dusse.

Michel Blanc revient derrière la caméra. Seize ans après Embrassez qui vous voudrez, l’ex-Splendid et réalisateur de Marche à l’ombre et de Grosse Fatigue sort sur les écrans Voyez comme on danse, une comédie où le tout le gratin du cinéma français s’est donné rendez-vous: Karin Viard, Jean-Paul Rouve, Carole Bouquet, William Lebghil, Jacques Dutronc… En salles ce mercredi 10 octobre, ce film compte beaucoup pour lui, comme il l’explique à BFMTV.com:

"C’était important pour moi, d’abord parce que je n’ai pas mis en scène depuis 15 ans, ensuite parce que ça faisait très longtemps que je n’étais pas parti d’un roman pour écrire. Je suis parti sans savoir où j’allais. C’est toujours vertigineux et je pensais que je n’y arriverais plus. J’étais un peu de fataliste. Le fait d’être arrivé au bout d’une histoire que j’ai inventée, qui se tient, je l’espère, est très important. Mais ce qui est encore plus important sera l’avis des gens qui verront le film, qui seront j’espère suffisamment nombreux pour que l’on me laisse continuer à travailler."

A quoi reconnaît-on un film de Michel Blanc? A son regard acéré sur la société, ses dialogues percutants et ses répliques qui fusent: "Ce n’était pas pour faire comme dans les séries, une punchline chaque seconde sinon les gens vont zapper. Ça me venait comme ça, ces personnages qui cavalent, je les entendais parler comme ça et ça m’amusait." Il a écrit les dialogues seul:

"C’est plus facile", confirme Michel Blanc. "On peut bâtir à plusieurs une histoire - il y a des gens que ça aide. Moi, j’ai un peu de mal. Pour les dialogues, je ne vois pas comment on peut écrire à plusieurs. Il faut - je pense - une unité."

"Je ne pouvais pas ne pas faire Les Bronzés 3"

C’est pour cette raison qu’il travaille seul - et c’est ce qui a péché sur Les Bronzés, estime-t-il. La troupe du Splendid, réunie vingt ans après leurs exploits au Club Med, n’a pas réussi à retrouver la cohésion de la jeunesse: "Je ne pouvais pas ne pas le faire. J’ai espéré qu’on y arriverait et je trouve qu’on n’y est pas arrivé. Ça arrive. C’est des choses, c’est la vie. On ne réussit pas tout."

Dans ses films, ceux du Splendid comme ceux qu’il réalise seul, Michel Blanc joue souvent avec ses amis. Voyez comme on danse ne déroge pas à la règle. Il a su convaincre Jacques Dutronc de sortir de sa retraite et retrouve pour la troisième fois Carole Bouquet:

"On est amis dans la vie. C’est comme avec Jean-Paul Rouve ou William Lebghil. On se voit en dehors. C’est un plaisir. Avec Carole, on a une complicité. Elle me frappe dans tous les films que j’ai écrits avec elle. Donc, là, elle a continué. Elle m’a assommé à coup de sac. C’était très très marrant. C’est encore mieux quand vous êtes avec quelqu’un que vous êtes content de voir indépendamment du rôle et de son talent."
Carole Bouquet et Michel Blanc dans Voyez comme on danse
Carole Bouquet et Michel Blanc dans Voyez comme on danse © Copyright Arnaud Borrel

Amoureux des acteurs, il veille à leur offrir des rôles complexes. L’interprète de Jean-Claude Dusse sait à quel point le cinéma peut enfermer dans des archétypes les comédiens. "Il faut faire bien attention à ne pas en être prisonnier, parce qu’après on ne s’en détache plus. Il y a des rôles que j’ai joués qui n’étaient pas pour faire rire, comme L’Exercice du pouvoir."

Il se voyait passer toute sa carrière avec la moustache de Jean-Claude Dusse. "J’ai gardé la moustache car elle faisait un peu partie de mon petit personnage de franchouillard." Après le succès de Marche à l’ombre, il a décidé de la raser avant de la laisser repousser encore deux fois pour Bertrand Blier dans Tenue de soirée et Merci la vie.

Tourner avec Jeff Goldblum, Helen Mirren, Jerry Lewis

Quand il ne tourne pas avec ses amis, Michel tourne pour croiser la route de ceux qu’il admire. "Il y a des films que j’ai faits pour ne pas rater des acteurs", raconte-t-il. Pour côtoyer Helen Mirren, l’actrice britannique de The Queen, il a accepté "une figuration améliorée" dans Les Recettes du bonheur, une production Spielberg passée inaperçue. On l’a vu aussi dans Prêt-à-porter de Robert Altman:

"Le rôle n’était pas très important - et en plus c’est un de ses moins réussis, mais c’est Altman et, excusez-moi, quand on vous dit qu’il y aura sur le plateau Lauren Bacall, Sophia Loren, Marcello Mastroianni et Julia Roberts vous vous dites que vous voulez être de l’aventure."

Dans La Montre, la Croix et la Manière, une comédie sortie en 1992, il tourne avec Jeff Goldblum et Bob Hoskins: "C’était une aventure bizarre. J’avoue n’avoir pas vraiment compris le film. Le scénario était très tordu. Tourner avec Goldblum et Hoskins, c’était quelque chose que je ne voulais pas rater". Tout comme partager l’écran avec Jerry Lewis dans Retenez-moi... ou je fais un malheur (1984): "C’est un très mauvais film", répond Michel Blanc, qui précise que le grand acteur américain, un "amour" avec lui, avait ses "certitudes" et "était face à un metteur en scène qui n’était pas à la hauteur."

"Si c’était à refaire, je ne referais pas"

C’est avec la même honnêteté que Michel Blanc se souvient de l’enregistrement, en 1985, de la chanson Le Mec plus ultra: "L’industrie du disque voulait faire des coups. Dès que quelqu’un était connu, on lui demandait de faire un 45 tours. Je ne suis pas seul à avoir faire ça. On me l’a proposé en me disant que Gérard Presgurvic [compositeur des premiers tubes de Patrick Bruel, NDLR] allait écrire la musique et que la séance allait être dirigée par Manu Katché. Donc vous vous dites: 'c’est que des bons'."

Il ajoute: "C’était un moment où j’avais besoin de me divertir. Je sortais d’un très gros succès, Marche à l’ombre. Quand c’est votre premier film ça vous laisse K.O. J’ai essayé de faire autre chose pour m’occuper l’esprit. Et je vous avoue que, si c’était à refaire, je ne referais pas, mais bon, voilà, c’est fait, ce n’est pas grave, on a le droit de faire des conneries dans une carrière." D’autant que depuis, le mec plus ultra est devenu un cinéaste accompli.

Jérôme Lachasse