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Pourquoi les orages sont-ils si nombreux et violents ces derniers jours?

S'il est assez rare d'avoir autant d'orages avec une telle force, il faut noter que la France est actuellement en pleine saison des orages.

Après de fortes chaleurs, de gros orages se sont abattus ces derniers jours sur l'Hexagone. Ils ont provoqué ce lundi soir des inondations à Reims (Marne) pour la troisième fois en deux semaines, mais aussi dans plusieurs communes de la Somme. À Beauvais, une personne est portée disparue après des pluies diluviennes.

Si le pays est actuellement en pleine saison des orages, la force et la fréquence des dernières intempéries restent impressionnantes.

"C'est assez rare d'avoir autant d'orages avec une telle force, mais on est vraiment au pire moment de la saison, c'est vraiment au croisement du printemps et de l'été que l'on rencontre les orages les plus violents", explique ce mardi Christophe Person, chef du service météo de BFMTV.

En pleine saison des orages

"De mars à juin, les impacts de foudre sont de plus en plus nombreux sur terre, atteignant un maximum en juillet et en août, notamment sur le sud des Alpes et les Pyrénées où la densité de foudroiement est d'environ un impact par mois et par kilomètre carré", détaille également un article de Météo France.

La rencontre actuelle entre l'air froid qui arrive sur l'Hexagone par l'Atlantique, et les fortes chaleurs de ces derniers jours, a permis de créer ces forts orages. Météo France note en effet que "l'échauffement des basses couches atmosphériques au contact du sol lors des journées ensoleillées d'été" aide à déclencher ce type d'intempéries.

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Le réchauffement climatique?

L'intensité des orages cette saison pourrait aussi être en partie due au changement climatique. Avec le réchauffement, les océans sont plus chauds, et "cela a certainement des conséquences du point de vue de la masse d'air, forcément, et cela peut donner des orages plus violents", explique Christophe Person.

L'impact de ce réchauffement des mers et océans va au-delà des seuls orages. Françoise Vimeux, climatologue à l'Institut de Recherche pour le Développement, expliquait ainsi à BFMTV.com qu'il pourrait y avoir des cyclones plus puissants à l'avenir, car "le cyclone pour vivre a besoin que la mer soit chaude, il tire son énergie de là".

Christophe Person souligne également que les orages de ces derniers jours sont particulièrement humides, "avec tellement d'eau que cela donne des inondations" quand ils éclatent.

"Avec un climat chaud, l'eau des mers et des océans s'évapore davantage, il y a donc plus d'eau dans l'atmosphère et en cas de précipitations, plus d'eau qui tombe", expliquait pour sa part Françoise Vimeux.

Formation de petits cyclones

Ces derniers jours, des mésocylones ont par ailleurs été repérés, comme à Toulouse (Haute-Garonne) ce lundi après-midi, note La Dépêche du midi. Il s'agit de petits cyclones d'une dizaine de kilomètres de diamètre qui se forment au cours d'orages, et qui peuvent donner des tornades et des grosses rafales de vents.

"Les plus fortes tornades sont associées à des orages dits 'supercellulaires', ou orages dans lesquels se développe un mouvement de rotation se structurant sur toute l'épaisseur verticale du nuage, avec la formation d'un 'méso-cyclone' au sein duquel une tornade va pouvoir s'amplifier", explique Météo-France.

Toutes les alertes météo sont retombées pour le moment, mais de nouveaux orages sont attendus cette après-midi sur une bonne partie de l'Hexagone.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV