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Les océans toujours aussi chauds, leur niveau toujours plus haut

Une haute marée pénètre à l'intérieur des terres aux îles Marshall, le 3 mars 2014. L'archipel pourrait disparaître à cause de la montée des eaux.

Une haute marée pénètre à l'intérieur des terres aux îles Marshall, le 3 mars 2014. L'archipel pourrait disparaître à cause de la montée des eaux. - Giff Johnson - AFP

Le niveau des océans a grimpé de 7,7 centimètres en moyenne depuis 1993, tandis que leur température en surface n'a jamais été aussi chaude que ces trois dernières années.

Enième record pour le dérèglement climatique. Pour la sixième année consécutive, la mer n'a jamais été aussi haute. Depuis 1993, le niveau moyen des océans a grimpé de 7,7 centimètres, pour une augmentation de 3,1 centimètres par décennie.

Ces chiffres proviennent du rapport "L'état du climat" de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), dévoilé mercredi. Il est trop tard pour espérer une inversion de la tendance, voire ne serait-ce qu'une stagnation. Ces dernières décennies, le rythme n'a cessé de s'accélérer, relève CNN.

Le plus long épisode de blanchissement des coraux

"Je compare l'océan à un train de marchandises", a souligné lors d'un point presse Gregory Johnson, océanographe de la NOAA. "Même si nous gelions les taux de gaz à effet de serre à leur niveau actuel, les océans continueraient à se réchauffer et la mer continuerait à monter pendant des siècles voire des millénaires."

Outre la montée des eaux, le réchauffement des océans a de lourdes conséquences sur les coraux, dont il provoque le blanchissement. Les poissons et autres animaux marins se retrouvent privés d'un précieux habitat.

"Le plus récent épisode mondial de blanchissement du corail a duré trois années pleines, de juin 2014 à mai 2017, et a été le plus long et le plus étendu jamais enregistré", révèle le rapport.

Si la moyenne des températures à la surface des océans était légèrement moins élevée en 2017 qu'en 2016, la tendance est à la hausse, assure l'étude de la NOAA. "Ces trois dernières années sont les trois plus chaudes jamais observées", affirme-t-elle.

L'Arctique n'a jamais été aussi chaud "depuis 2000 ans" 

En parallèle, le réchauffement de l'air et la hausse des températures à la surface de l'eau contribuent à la fonte toujours plus importante des glaces aux pôles. En 2017, la température au sol était supérieure de 1,6°C à la moyenne entre 1981 et 2010. L'étude pointe par ailleurs "que l'Arctique n'a pas connu de températures aussi anormalement élevées de l'air et de la surface de l'eau depuis 2000 ans".

En mars 2017, l'étendue maximale de la banquise était la plus faible depuis 37 ans qu'elle est mesurée par satellite. Les glaciers de la planète ont aussi rétréci pour la 38e année consécutive. Ce recul cumulé depuis 1981 équivaut à "couper 22 mètres du sommet d'un glacier de taille moyenne", illustre le rapport.

Liv Audigane, avec AFP